Au début d’une année 2023 de tous les dangers, confrontés à la menace des troubles sociaux et des crises économiques et financières, les acteurs économiques et les grands décideurs politiques se retrouvent face à un contexte géopolitique et géoéconomique le plus complexe depuis des décennies. Participant à la réunion annuelle du World Economic Forum (WEF), du 16 au 20 janvier dernier à Davos, ils devaient affronter avec détermination les multiples crises de l’année 2022,  énergétique avec l’envolée record des prix mondiaux, climatique avec la pire sécheresse enregistrée, monétaire avec le retour de l’inflation, qui se poursuivent cette année.     

Retrouvailles pour certains, découverte pour d’autres, ce Forum s’est tenu dans un contexte particulier marqué, entre autres, par la guerre en Ukraine, l’exacerbation des tensions géopolitiques internationales, les conflits commerciaux et les incertitudes qui pèsent sur l’économie mondiale.

Le fait est, qu’aux yeux des spécialistes, la situation économique va empirer encore. Un tiers de l’économie mondiale pourrait être en récession cette année, estime le Fonds monétaire international (FMI). Il voit un ralentissement de l’inflation, qui devrait atteindre 6,5% à l’échelle du globe (contre une prévision de 8,8% pour 2022). «Pour l’essentiel de l’économie mondiale, l’année sera difficile, plus difficile que celle que nous venons de quitter», a indiqué la directrice générale du FMI Kristalina Georgieva.

Cette situation a bouté le feu à une inflation rampante qui frappe les biens de consommation et enfonce toujours plus de monde dans les difficultés financières partout sur la planète. «La crise du coût de la vie vient aussi s’ajouter à la crise du Covid-19, qui a vu les gouvernements et la communauté internationale échouer à prévenir la plus forte hausse de l’extrême pauvreté en plus de vingt ans».

Dans le rapport sur les risques mondiaux, publié en marge du forum, les économistes placent la «crise du coût de la vie» au premier rang des menaces pour la stabilité à court terme. Elle pourrait conduire à une «augmentation de la pauvreté, à la faim, à des manifestations violentes, à l’instabilité politique et même à l’effondrement des Etats».

«Les troubles sociaux et l’instabilité politique ne seront pas circonscrits aux marchés émergents, sachant que les pressions économiques continuent à creuser l’échelon moyen des revenus», ce qui pourrait poser «des défis existentiels aux systèmes politiques partout dans le monde», établit le rapport. Selon le même document, le risque «d’érosion de la cohésion sociale et de la polarisation sociale» est considéré comme la cinquième cause la plus probable d’instabilité cette année.

La délégation tunisienne qui a participé aux assises du forum a  profité de l’occasion pour mettre en avant la vision tunisienne en matière de coopération et de développement durable. La cheffe du gouvernement s’est entretenue, en effet, avec plusieurs hauts responsables internationaux d’institutions financières, dont la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieve. Leurs discussions ont porté sur le programme de réformes économiques de la Tunisie et sur la poursuite des négociations avec le Fonds. Bien avant la tenue du forum, le porte-parole du FMI, Jerry Rice, avait rappelé que les discussions techniques avec les autorités tunisiennes étaient toujours en cours et que le gouvernement devait incessamment  mettre en œuvre les réformes économiques identifiées.

La cheffe du gouvernement  a également rencontré la présidente de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd),  ainsi que le président de l’Agence japonaise de coopération internationale (Jica), pour échanger les perspectives de coopération et de financement des grands projets d’investissement.

Les engagements du gouvernement ont trouvé l’écho souhaité auprès des partenaires au développement afin de traduire dans les faits la relance économique. La Tunisie demeure un partenaire idéal disposant de tous les atouts pour transformer, avec ses partenaires, les défis de la conjoncture en opportunités.

Elle ne cesse de réitérer à chaque événement d’envergure  son engagement à accompagner les partenaires dans l’acte d’investir, à travers l’accélération des réformes et l’amélioration continue des conditions d’investissement. Au niveau continental, elle a noué des relations de confiance l’établissant en tant que partenaire privilégié.     

En outre, le potentiel géostratégique de la Tunisie la positionne favorablement dans la réorganisation des chaînes de valeur mondiales. Ainsi, pour saisir les différents atouts, elle  s’est dotée d’un nouveau plan triennal de développement 2023-2025 et d’une nouvelle stratégie nationale d’amélioration du climat des affaires (2023-2025) qui se veulent un cadre attractif et incitatif qui s’adresse à tous les investisseurs, nationaux comme étrangers, et à tous les investissements, petits et grands.

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