L’ouvrage, paru à l’occasion du congrès de la francophonie, constitue une délicate et désuète promenade dans un Djerba inconnu. C’est le Djerba d’une vie simple et tranquille, celui qui a séduit Ulysse et Flaubert, le Djerba des pêcheurs et des artisans, celui que découvraient des voyageurs qui n’étaient pas encore des touristes.

Les collectionneurs, décidément, constituent une drôle de race. Passionnés, compulsifs, obsédés par leur passion, ils sont prêts à tout pour l’assouvir. On les rencontre dans les lieux les plus insolites, au fond de dépôts immondes, dans des vide- greniers, sur des marchés improvisés, ou dans les ventes les plus huppées et les galeries les plus courues. Mais, en général, ils sont monomaniaques, et leur quête porte sur un ou une famille d’objets.

On croyait connaître le sujet de la passion de Samir Sellami, ce collectionneur de céramiques éclairé qui lutte depuis des années pour offrir à son pays « le » musée de céramiques qu’il mérite. On le savait dépositaire d’une magnifique collection couvrant l’histoire millénaire de la terre cuite, collection scientifiquement étudiée, répertoriée, classée, et, bien sûr, prête à être exposée, sitôt que les dieux, leurs saints et les augures réunis le lui permettront.

Voilà que l’on découvre que Samir Sellami est également un collectionneur avisé de cartes postales anciennes, et qu’il publie une collection de livres sur des villes, illustrés « à la carte ».Il avait, certes, publié, il y a quelque temps, un ouvrage « Sfax à la carte ». Mais on s’était dit que c’était là l’hommage respectueux d’un Sfaxien à sa ville. Le voilà qui récidive avec un très beau « Djerba à la carte », et qu’il nous annonce un prochain « Tunis à la carte.» Tant et si bien d’ailleurs, qu’il a créé sa propre maison d’édition pour cette collection.L’ouvrage, paru à l’occasion du congrès de la francophonie, constitue une délicate et désuète promenade dans un Djerba inconnu. Celui où il n’y avait pas encore de clubs de vacances, d’hôtels géants qui ont fini par dépasser les palmiers, ni de béton ni de parcs d’animation. C’est le Djerba d’une vie simple et tranquille, celui qui a séduit Ulysse et Flaubert, le Djerba des pêcheurs et des artisans, celui que découvraient des voyageurs qui n’étaient pas encore des touristes. A travers ces images d’un temps passé, trois chercheurs évoquent les temps passés et présents :

Moncef Barbou décrit les paysages et les habitations, ainsi que l’évolution de l’organisation de l’espace djerbien à travers les époques. Véronique Prévost évoque l’heureuse cohabitation des musulmans, juifs et chrétiens. Sami Ben Thar, quant à lui, relate l’histoire générale de l’île, celle de son architecture coloniale, raconte la vie d’antan des souks et des marchés, décrit son artisanat créatif, et ses techniques de pêche si particulières. C’est un Djerba au cœur que nous offre Samir Sellami, et nous l’en remercions.

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