Pénurie et hausse des prix: Les pieuvres à l’œuvre !

On dit qu’un pays est à l’image du cœur de ses hommes. Il est petit, minuscule, si ce cœur est  insensible aux malheurs que vivent ses enfants. Il est grand, si le cœur est  généreux, plein de bonté et d’humanisme, si le cœur de ses hommes est  conscient  de la situation et qu’il lui prête la main pour le redresser ou le relancer.

La crise que nous vivons, et nous finirons par nous en sortir, sera en fin de compte une épreuve que nos aïeuls ont sans doute vécue, à une époque différente, d’une autre manière et dans d’autres circonstances. Mais qu’ils ont fini par surmonter. Il n’en restera que ce qu’un de ces jours nous aurons sous les yeux : des gens qui reprennent goût à la vie, des femmes qui poussent les futures générations à surpasser celles qui les ont précédées, une population qui vaque à ses tâches avec allant et passion. Mais tout le monde se souviendra que tel ou tel s’est enrichi aux dépens de ceux qui ont souffert dans leur chair. Et ce souvenir sera indélébile. Personne n’oubliera.

Attendre

Le verbe le plus conjugué, ces dernières années et ces derniers mois, est le verbe « attendre». On attend l’ouverture d’une grande surface, dans l’espoir de trouver un paquet  de lait. Il y a, certes, du lait à  zéro pour cent, mais bien des pères de familles s’en détournent en raison de son prix. Certes, nous savons tous que le prix du lait augmentera forcément.

Tant qu’on sera seulement braqué sur ce dont nous avons besoin en intrants importés pour nourrir nos vaches, nos poules et nos moutons. Tant qu’on n’aura pas sollicité nos chercheurs, nos laboratoires et constitué un organisme qui ne s’occupera que de ce que nous pourrions faire en mettant à contribution nos jeunes, nos techniciens et notre savoir-faire.

Pas seulement dans la production du lait, mais dans bien d’autres secteurs qui ont besoin qu’on les arrache des mains de ceux qui dépècent des consommateurs complètement perdus dans ce cloaque, au su et au vu de tout le monde.

Le lait dont les enfants ont besoin

Les  raisons de cette future augmentation importent peu. Mais le fait de voir ces tonnes de lait à zéro pour cent et constater que le lait  dont nos enfants ont besoin est plus cher et qu’on s’applique à en fabriquer pour soutirer plus d’argent est inacceptable.

Un médecin nutritionniste, consulté, est catégorique : «Le lait cru bio est à privilégier. Il conserve toutes ses qualités nutritionnelles et organoleptiques, mais il est difficile à en trouver et il faudrait, dans ce cas, se méfier de sa qualité au niveau des mesures d’hygiène  qui ne sont pas toujours bien respectées». Et de renchérir, «seul le lait entier apporte les acides gras dont on a besoin. A une certaine époque, on a  pensé que la graisse du lait représentait un risque cardiovasculaire. Cela a été  démenti depuis des années.

On n’a jamais démontré  scientifiquement qu’une consommation normale de lait, de beurre et de dérivés du lait  augmente le cholestérol. Les enfants surtout devraient boire du lait entier: ils ont besoin de plus de vitamines et de minéraux pour leur croissance». Dans le cas contraire, on opte  pour du lait entier industriel, pour le demi-écrémé ou écrémé, de préférence pasteurisé, et en dernier recours le lait U.H.T. «Le lait complètement écrémé ne contient presque plus de matières grasses. L’écrémage réduit sa teneur en précieux acides gras et en vitamines liposolubles, comme les vitamines A, D et E», explique-t-il encore.

Pour une alimentation saine

De ce fait,  ajoute le nutritionniste, le  lait à zéro pour cent est acceptable pour les adultes qui pourront trouver les graisses et les vitamines dont ils ont besoin dans le reste de ce qu’ils mangent. Ce qui n’est pas le cas pour les enfants. «La graisse du lait est une graisse précieuse. Le lait, le beurre et les produits laitiers ont leur place dans une alimentation saine et équilibrée. Choisir les produits allégés en matières grasses n’apporte donc aucun avantage», fait-il savoir.

Ceux qui mettent ce genre de lait sur le marché sont-ils conscients de ces recommandations ? Peut-être voudront-ils nous orienter vers le lait additionné de vitamines industrielles qui coûte  beaucoup plus cher ?

Quant aux dérivés du lait, ils sont affichés à des prix incroyables. Nous avons relevé qu’une grande  surface réduisait les prix pour vendre ce qui lui  restait, de peur de tout perdre sous la menace des dates de péremption. « Il n’y a plus grand monde sur ces articles. Cela coûte cher et le consommateur n’y arrive plus », a laissé  entendre un chef de rayon. La clientèle a fini par comprendre que les yaourts et les desserts baissent de prix  à des dates bien déterminées. Et ils attendent pour en acheter aux prix promotionnels.

La valse des prix !

L’huile végétale, depuis qu’elle est en concurrence avec celle que l’on réussit à faire venir d’un pays voisin, joue au yoyo. Les prix valsent, au gré des jours, dans les marchés hebdomadaires, ayant éventé ces changements, franchement profitables à la bourse des consommateurs, il y a foule, pour en acquérir. Mais il faut attendre la livraison qui se fait à des heures irrégulières pour éviter les contrôles.

De toutes les façons, les prix des huiles locales diffèrent d’une grande surface à une autre et entre un supermarché et une épicerie. Personne n’en connaît la raison, alors que le produit porte la même marque.

Le sucre et le café ont fait leur réapparition. Mais bien entendu, il faudrait attendre la quantité que l’on a décidé de mettre en vente  le jour et à l’heure que le commerçant choisit. On aura à disposition ce qui en reste, car les employés se servent les premiers. C’est normal, direz-vous, mais il faudrait en tenir compte et agir en conséquence. Comme par miracle, la foule grossit à vue d’œil. A dire que l’on attendait au coin de la rue pour avoir ce kilo de sucre et ces deux cents grammes de café. Quant aux pâtes et dérivés, elles sont disponibles et leurs prix n’ont pas bougé. Pour le moment du moins.

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