Le  dernier rapport de la Banque mondiale sur le suivi de la situation économique indique que le taux de croissance devrait augmenter à 3% en moyenne en 2019-2020 et 4% à moyen terme. Cet objectif ne peut être atteint si les réformes stratégiques visant l’amélioration du climat des affaires et de l’investissement ne sont pas mises en œuvre.

La réalisation d’un taux de croissance soutenu dépendra du développement de l’agriculture, du secteur manufacturier et du tourisme ainsi que de l’entrée en service du champ gazier de Nawara.

Selon les indicateurs de la BM, «le taux de pauvreté devrait rester autour de 3% selon le seuil de 3,2 dollars par jour, et ne pas dépasser 1% selon le seuil d’extrême pauvreté». 

Concernant l’inflation, elle devrait prendre une tendance légèrement baissière à moyen terme, «sous l’effet d’un nouveau resserrement de la politique monétaire visant à limiter les pressions inflationnistes associées à la dépréciation du dinar et à la dynamique des salaires». 

L’année 2019 sera marquée par une baisse respective des déficits budgétaires et courant de 3,6 et 10% du PIB, et ce, pour plusieurs raisons, à savoir le resserrement des politiques, l’augmentation du taux de croissance, la réduction des coûts d’importation d’énergie au fur et à mesure du développement de la production de gaz. Ces déficits devraient baisser respectivement en dessous de 3 et 8% du PIB d’ici 2021. 

Sachant que le budget 2019 vise à  ramener le déficit à 3,9% du PIB à travers les recettes qui seront augmentées par  l’amélioration du recouvrement des impôts, la lutte contre l’évasion et l’élargissement de l’assiette d’imposition, tandis que les dépenses seront maîtrisées par la réduction du taux de remplacement des départs et des mises à la retraite dans la fonction publique, la rationalisation des dépenses énergétiques et la réalisation des projets d’investissement en cours.

Le déficit courant s’est creusé, passant à 11,2% du PIB en 2018 (contre 10,6% en 2017), et les réserves ont continué à baisser malgré l’accroissement accéléré des exportations. En conséquence, le dinar s’est déprécié de 14% par rapport à l’euro en 2018 et a encore perdu 1,2% par rapport à l’euro au cours des deux premiers mois de 2019. Le niveau des réserves reste fragile oscillant autour de 70 à 80 jours de couverture des importations. 

Par ailleurs, la dette publique atteindra 80% du PIB en 2019, avant de baisser au-dessous du niveau de référence du marché émergent à 70% d’ici 2023. 

Défis 

Malgré la lente reprise enregistrée et le resserrement progressif des politiques, des risques d’une importance cruciale persistent dont celui relatif à la concrétisation des réformes stratégiques engagées, qui accusent toujours du retard. Il s’agit notamment de réformes budgétaires et des mesures nécessaires à l’amélioration du climat de l’investissement en vue de stimuler la croissance du secteur privé.

«La décision, prise en février, de relever les salaires du secteur public, en est la preuve la plus récente, elle aura non seulement des effets sur les finances publiques, mais aussi des répercussions négatives sur la situation financière fragile, le système public des retraites…». 

La Tunisie reste confrontée à d’autres menaces liées à la sécurité, aux retombées de la situation en Libye, à la lenteur de la croissance dans la zone euro qui absorbe la majeure partie de ses exportations, à la hausse des prix internationaux du pétrole et au manque de confiance des investisseurs à l’égard des marchés émergents, notamment au vu d’un déficit courant qui devrait rester élevé à moyen terme. 

Si l’un de ces risques devrait se matérialiser, «le bien-être des ménages s’en ressentirait, en particulier celui des ménages les plus vulnérables dont la consommation dépasse le seuil de pauvreté». Environ 17% de la population (soit environ deux millions de Tunisiens) sont classés dans la catégorie des «personnes vulnérables». 

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