De jeunes sportifs apparemment en pleine forme qui s’effondrent sur le terrain ou décèdent pendant leur sommeil: pour lever le voile sur ces morts subites souvent rares, mais toujours controversées, l’Ineas a publié son premier Guide de pratique clinique sur la prévention de la mort subite en milieu scolaire et universitaire.

A l’occasion de la publication du premier Guide de pratique clinique sur la prévention de la mort subite en milieu scolaire et universitaire, élaboré par l’Instance nationale d’évaluation et d’accréditation en santé (Ineas) en collaboration avec des experts cliniciens, l’Ineas a organisé, avant-hier, un séminaire d’information et d’implémentation du guide de pratique clinique intitulé: Prévention de la mort subite chez les sportifs d’âge scolaire et universitaire.

Ce guide est destiné principalement aux professionnels de la santé, concernés par la prévention de la mort subite en milieu scolaire et universitaire, ainsi que les éducateurs sportifs. Il vise essentiellement à prévenir la mort subite chez les jeunes candidats à l’obtention d’une licence dans le cadre de l’activité sportive scolaire et universitaire. Il vise également à harmoniser les pratiques de dépistage des anomalies cardiovasculaires. Il va être ainsi diffusé aux professionnels de la santé concernés par la prévention de la mort subite chez les jeunes d’âge scolaire et universitaire.

La prévention, meilleure solution

En effet, ce phénomène touche annuellement plusieurs sportifs, professionnels ou amateurs. Bon nombre de ces sportifs ont moins de 35 ans, principalement des hommes. C’est sur eux que se concentrera le projet. La mort subite du sportif a été mise en lumière par des cas emblématiques, comme le footballeur tunisien Hédi Berrekhissa, dit Balha, victime d’un malaise en plein match en 1997, et décédé sur le coup, ou encore le cas du joueur de la Fiorentina, Davide Astori, décédé en plein sommeil  en 2018.

Les jeunes sportifs en milieu scolaire et universitaire, et même les sportifs de haut niveau ne sont pas toujours très suivis médicalement et ne sont pas   à l’abri.  Car la maladie peut rester silencieuse pour des années. Ce faisant, la prévention se  révèle d’une importance fondamentale dans ce contexte.

«On va plutôt parler de prévention, c’est le plus important et cela implique tous les acteurs de la santé du sport : des médecins aux dirigeants et organisateurs, en passant par le sportif lui-même. Il faut donc améliorer le bilan de dépistage et sensibiliser les sportifs aux symptômes suspects et aux comportements à risque, en rappelant les bonnes règles de pratique d’une activité physique et sportive», a indiqué Khaled Zeghal, directeur général de l’Ineas.

Les jeunes sportifs concernés doivent respecter certaines «règles», insiste le Pr Zeghal : «Pour les jeunes sportifs, on préconise de faire un examen cardiaque et un bon interrogatoire. Après,  il faut être attentif aux symptômes d’alerte, comme des douleurs à la poitrine, des palpitations, des malaises…que bien souvent on néglige et qui peuvent se révéler dangereux. Il ne faut surtout pas masquer ces symptômes quand on va voir son médecin. Des fois on va négliger un symptôme et a posteriori on se rend compte que l’on n’aurait pas dû», ajoute-t-il.

«Il faut sensibiliser les jeunes sportifs au milieu sportif et universitaire à faire un bilan médical régulier surtout quand on reprend une activité physique.

Il faut être alerté sur les symptômes. Il ne faut pas les négliger. Et quand il y a une modification dans son entraînement, comme une fatigue inhabituelle et inexpliquée par des événements extérieurs, cela doit alerter. Il ne faut pas hésiter à consulter un médecin. Après, il faut lutter contre les facteurs de risque comme le tabagisme. Un sportif doit avoir une hygiène de vie adaptée», conclut le Pr Zeghal.05

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