Notre qualification dans la douleur pour les huitièmes de finale recèle un enseignement majeur. Avec un tel état d’esprit, un tel management et toujours pas d’équipe, nous ne pouvons aller loin.
Après le résultat et la prestation catastrophiques et indignes de notre football, classé 25e mondial et 2e africain lors du troisième et dernier match de la première phase, commençons par remercier Dieu d’avoir figuré dans un groupe facile, d’avoir eu comme adversaire l’Angola, classée 125e, et la Mauritanie, 103e, et d’avoir fini par arracher une qualification sans gloire et sans mérite pour les huitièmes, et de ne pas être rentrés très tôt la tête basse et les yeux en larmes. Le troisième match contre les Mauritaniens, qui semblaient être venus d’une autre planète, tellement ils ont posé un tas de problèmes tactiques et physiques à notre équipe et l’ont mise la plupart du temps en difficulté, a confirmé que l’heureux 1 à 1 devant l’Angola n’était pas un simple accident de parcours et que le partage des points qui l’a suivi face au Mali était le mieux que l’on pouvait faire dans l’état pitoyable actuel dans lequel est notre onze national. Ces «Aigles de Carthage» qui étaient bien dans les matches de préparation, qui ont fait plus qu’il ne fallait au niveau résultat (9 sur 9), ont été fort méconnaissables et l’ombre d’eux-mêmes dans cette première phase de la CAN, au point de faire douter tout le monde quant à leurs capacités et leurs talents, et de paraître comme des géants aux pieds d’argile. Au point de nous demander aussi s’ils ont voulu vraiment être dans cette Coupe d’Afrique et s’ils ont mis de la volonté et tout leur potentiel technique pour se distinguer, hausser leur valeur et leur cote de popularité.

C’est triste de le dire, mais c’est l’amère vérité qu’on ne peut plus cacher, tellement les choses empirent de match en match et rien n’augure de bon pour le reste du parcours, à commencer par le Tunisie-Ghana du 8 juillet.

Principaux acteurs sur le terrain, ces joueurs n’ont pas le droit de se dégager de la responsabilité de cet échec cuisant, et c’est tout à fait normal qu’ils sont visés par les critiques, qu’ils sont pointés du doigt et ils seront même envoyés au diable s’ils ne saisissent pas cette dernière chance inouïe qui leur est offerte pour recoller tant bien que mal les morceaux d’une porcelaine cassée durant les matches couperets avec des adversaires de haut niveau qui les attendent de pied ferme.

Mauvais assemblage de talents

La même perche est tendue à tout le staff technique et pas seulement au sélectionneur pour faire leur mea-culpa. Se regarder longtemps dans une glace pour voir quelle triste image ils nous ont donnée et se rendre compte de l’urgence et du devoir de réparer tout ce mal qu’ils nous ont fait. A la tête de ce staff, Alain Giresse a, sans doute, compris qu’il ne suffit pas d’avoir été un joueur d’exception au sein d’une génération d’exception pour être un bon entraîneur, encore moins un bon sélectionneur. Il a été très doué, balle au pied, mais il n’a pas montré qu’il est un grand  stratège et un vrai meneur d’hommes, comme coach et comme responsable numéro un dans et en dehors de la surface technique. Jamais un entraîneur ne s’est trompé autant que lui dans ses choix. Erreurs dans le choix des matches de préparation trompeurs devant des adversaires qui sont déjà en vacances.

Erreurs dans la construction d’un solide onze de départ, dans son coaching durant les matches, dans la gestion de son groupe que les clans ont apparemment fissuré, dans la correction et le changement d’un système ou d’un plan qui ne fonctionne pas, dans la communication. Son erreur la plus grave a, à coup sûr, été de vouloir imposer à l’équipe un style de jeu différent, incompatible avec le profil de ses joueurs-cadres, qui a dénaturé le visage de la sélection et lui a fait perdre son point fort,  à savoir le collectif, la solidarité sur terrain, le talent au profit et au service du groupe. Durant l’ère Giresse qui risque de ne pas trop durer si l’on se fait éliminer en huitièmes et même en quarts de finale, on s’est aperçu qu’on a quelques noms de valeur sur le papier, des joueurs qui ont du talent, mais on n’a pas d’équipe. Regardons ce que fait Jamel Belmadhi à la tête de l’équipe d’Algérie et sa façon de gérer de vraies stars et de grandes vedettes et de faire passer facilement son message et ses consignes pour le respect du collectif  et le respect du jeu, et nous comprendrons que tant que nous avons un mauvais assemblage et une mauvaise association de talents et pas une équipe, nous ne pouvons aller loin et nous ne pouvons récolter que ce que nous avons semé.

Hédi JENNY

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