A peine trois jours après sa sortie de l’Hôpital militaire de Tunis, le président de la République a signé, hier, dans les délais constitutionnels, le décret portant convocation des électeurs au double scrutin de l’automne prochain. Il sera publié incessamment au Journal Officiel de la République Tunisienne. A ce titre, les Tunisiens sont appelés à se rendre aux bureaux de vote pour élire leurs nouveaux députés le 6 octobre et leur nouveau président de la République le 17 novembre. Le chef de l’Etat met ainsi fin aux tergiversations et aux polémiques sur un éventuel report des élections et engage définitivement le pays sur la voie des troisièmes échéances électorales d’après-2011, une étape cruciale dans l’ancrage du processus démocratique en Tunisie.
Cette signature est symbolique à double titre. Un : rien n’arrêtera la Tunisie sur la voie du parachèvement de sa transition démocratique, en dépit des tentatives de sape de l’intérieur ou de l’extérieur ou des menaces terroristes qui peuvent également provenir de l’étranger. Par ce geste, qui est aussi son devoir à l’égard de la nation, et malgré l’indispensable convalescence, dans d’autres circonstances, le président de la République donne tout son sens à la notion d’homme d’Etat.
Deux : l’Etat et ses institutions restent debout, voire se renforcent face aux difficultés économiques, aux tensions sociales et aux convoitises politiques, parfois démesurées. Sans oublier les contraintes géopolitiques. En définitive, la Tunisie, en tant que jeune expérience démocratique, s’accroche contre vents et marées au rêve de ses jeunes et de ses adultes, celui de bâtir un projet de société démocratique, libre et égalitaire.
Bien sûr, le chemin est cabossé. Est-il nécessaire de rappeler que le courage et l’abnégation sont de rigueur ? L’exemple nous est donné par les forces armées et sécuritaires sur le pied de guerre depuis huit ans et demi. Face aux nombreux défis qui se présentent aux Tunisiens, chaque citoyen est un soldat. Il incombe à chaque Tunisien de servir et de protéger sa patrie qui par son travail, qui par son engagement, qui par sa fidélité aux couleurs nationales. A ce titre, ce qui s’est passé jeudi dernier au sein de l’ARP est regrettable. Honteux même. Le sanctuaire des lois et des législations peut-il s’auto-accuser de complot contre l’Etat ? S’agit-il d’amateurisme ou d’une folle panique ? Car le « processus » qui pourrait être engagé en cas de vacance est consigné dans le texte de la Constitution et dans le règlement intérieur du parlement. Il suffisait de la sagesse et de la rigueur. Ces deux qualités devraient être désormais inscrites dans les critères d’éligibilité au parlement, pour ne plus revivre ce jeudi noir parlementaire.

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