7e anniversaire de la bataille de Ben Guerdane : Une épopée à marquer d’une pierre blanche

 

• Il y a sept ans, la ville paisible de Ben Guerdane s’est réveillée sur un bien sinistre projet sur fond d’une série d’attaques meurtrières menées par des groupes terroristes qui projetaient d’instaurer un émirat islamique dans le Sud du pays, à proximité de la Libye. Mais les unités militaires, épaulées par les sécuritaires et les citoyens, étaient au rendez-vous et les terroristes ont essuyé un échec cuisant.
• Le message était bien clair, l’amour de la patrie est si grand et si sacré que les terroristes n’avaient aucune place dans le pays.

La ville de Ben Guerdane a commémoré hier, mardi 7 mars, le septième anniversaire d’une ineffable épopée qui a plongé dans la stupeur totale aussi bien les Tunisiens que la communauté internationale. Des terroristes de l’État islamique (EI) avaient pris d’assaut la ville, défiant ainsi les forces militaires et sécuritaires. « Ils avaient misé sur l’effet de surprise, mais ont buté sur une offensive menée par nos troupes. A l’aube et au moment où les citoyens dormaient paisiblement, des groupes terroristes ont attaqué simultanément la caserne militaire et des postes de la Garde nationale. Une vingtaine de personnes sont tombées en martyrs entre militaires et civils et 50 terroristes ont été tués alors que 7 autres terroristes ont été arrêtés.

Militaires, sécuritaires et citoyens, la main dans la main

Les terroristes espéraient le soutien des citoyens et de quelques terroristes cachés dans cette ville (des cellules dormantes en fait). Les groupes  de l’EI sont entrés  dans la ville par le Nord et par le Sud comptant sur le renfort de ces cellules dormantes et pourquoi pas des citoyens, mais ce sont ces derniers qui les ont dénoncés et ont été d’un grand apport pour les unités spécialisées dans la lutte antiterroriste. En effet, les citoyens avaient indiqué aux militaires l’emplacement des terroristes et les ont même pourchassés, donnant ainsi un bel exemple de patriotisme et de sacrifice pour défendre chaque parcelle du pays. Ceci explique d’ailleurs le nombre de martyrs du côté des citoyens dont le sang s’est mêlé à celui des militaires et des sécuritaires. Le message était bien clair, l’amour de la patrie est si grand et si sacré que les terroristes n’avaient pas leur place dans le pays.

A cette époque, le chef du gouvernement, Habib Essid, avait déclaré que le but de l’attaque était de semer le trouble sur le plan sécuritaire dans le pays et établir un émirat de Daech dans le Sud, mais la réaction des unités militaires et sécuritaires a été bien plus forte et plus rapide.

Gloire aux martyrs

Sur les réseaux sociaux, on ne tarit pas d’éloges sur la bravoure de nos valeureux  soldats qui sont tombés en martyrs, parmi lesquels figure Abd al-Basit al-Marri qui est mort debout et qui a pu repousser l’attaque des terroristes contre la caserne militaire. La porte de la caserne a été fermée, et les soldats ont pu repousser la première vague de l’attaque durant deux heures, mais la caserne était encerclée de toutes parts. En ce moment, toute la ville de Ben Guerdane était assiégée par les terroristes.

Le commandant de la caserne militaire avait pris la décision d’ouvrir la porte pour que les véhicules blindés de l’armée puissent sortir et faire face aux terroristes et c’est ainsi que le soldat Abd al-Basit al-Marri, qui avait sans hésitation accompli cette mission, est tombé en martyr. C’est grâce à ce soldat que les blindés de l’Armée ont pu quitter la caserne et passer à l’attaque et pourchasser les éléments terroristes. En voilà un acte de bravoure qui devrait être traduit en conte et raconté aux générations futures. Il n’était pas le seul à avoir sacrifié sa vie pour la patrie.

Les partis politiques amnésiques !  

Honneur et gloire à tous ceux qui sont tombés en martyrs parmi les unités militaires ou sécuritaires ou des citoyens. Malheureusement, du côté des partis politiques et même  de la société civile, il semble bien que ces sacrifices comptent peu comme en témoigne l’absence de réaction, de conférence ou de simples communiqués dédiés à la mémoire de nos martyrs qui en défendant la ville de Ben Guerdane avaient défendu tout le pays. Etrange attitude des partis politiques qui ne ratent plus l’occasion pour donner le mauvais exemple.

Le ministre de l’Intérieur, Taoufik Charfeddine, ainsi que le ministre de la Défense nationale, Imed Memmiche, se sont déplacés à cette occasion à la ville de Ben Guerdane en compagnie de hauts cadres des deux départements pour commémorer le 7e anniversaire de cette épopée.

En mars 2021, le Président de la République avait reçu au palais de Carthage des représentants des familles des martyrs et blessés de cette épopée. Le Président avait évoqué à cette occasion la situation sociale des familles des martyrs et blessés de cette épopée et a souligné la nécessité de continuer à les prendre en charge en signe de reconnaissance à leurs sacrifices. Il a par la même occasion réaffirmé le droit des familles des martyrs et blessés de bénéficier de la protection nécessaire et sa détermination à leur garantir leurs droits dans les plus brefs délais, sans oublier le droit droit de la région de Ben Guerdane au développement.

L’attaque de Ben Guerdane a eu lieu le 7 mars 2016  dans un contexte marqué par une situation chaotique sur le plan sécuritaire en Libye qui a profité aux groupes de l’Etat islamique et la présence dans le Sud tunisien d’éléments qui ont prêté allégeance à l’EI. Par ailleurs, quelques jours avant cette attaque, un premier affrontement a entraîné l’élimination de cinq terroristes et un citoyen à proximité des frontières avec la Libye.

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