Par M’hamed Jaibi
A deux semaines de l’ouverture du dépôt des candidatures, et alors que les Tunisiens s’interrogent sur le parti qu’ils doivent soutenir et le président qu’ils souhaiteraient voir à la tête du pays, la plupart des acteurs politiques apparaissent, eux aussi, comme aux prises avec une crise existentielle.
Oui, nos partis se posent la même question, mais à l’envers : quels candidats et quel programme vais-je présenter ?
Le seul parti qui apparaît, à travers sa cohésion et sa discipline, comme sachant ce qu’il veut, c’est Ennahdha. Et Ennahdha agit à rééditer le consensus de gouvernement que les deux séniors ont réussi à établir et à maintenir presque jusqu’au terme du mandat électoral actuel.
Mais la crise économique et financière ainsi que le mésemploi de la jeunesse ont fini par démobiliser l’électorat de Nida Tounès et de son fondateur, le président Béji Caïd Essebsi, de sorte qu’ils se présentent désormais en rangs dispersés, autant que les groupes multiples issus de Nida qui aspirent en vain à matérialiser le «Nida historique» dont ils rêvent tous et dont l’administration publique a confirmé le leadership en la personne de Hafedh Caïd Essebsi.
«Pour qui vais-je donc voter ?», se demandent ceux qui ont fait de Nida Tounès le premier parti de Tunisie et qui ont accordé la majorité absolue à Béji Caïd Essebsi. Sachant que même le parti Ennahdha reste disposé à lui permettre de faire rebelote, convaincu qu’il est que Caïd Essebsi reste consensuel malgré les éléments d’insatisfaction qu’il impute aux islamistes.
Certes, les partis et groupes qui n’ont voté en 2014 ni pour Ennahdha ni pour Nida tentent de remplir le vide, mais sans un véritable programme économique et social alternatif et sans un personnel politique renouvelé, ils n’arrivent pas à convaincre les citoyens. Surtout que le charisme de leurs leaders reste discret.
Tous ces partis et projets de partis ressemblent à un vaste Nida élargi qui n’a pour adversaire que «l’Islam politique» que combat BCE. Voilà pourquoi ils sont tous confrontés au phénomène du «tourisme politique» qui les fait tous se ressembler aux yeux des électeurs. De sorte que ceux-ci observent avec beaucoup de circonspection les alliances qui se forment et se disloquent sans arriver à les convaincre. Surtout qu’aucun ne porte la moindre alternative de programme de sauvetage.

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