Les employés évoquent de graves manquements et appellent à la préservation de leurs intérêts. Ils dénoncent un manque cruel d’équipements, outre la saturation des cuves, l’arrêt des opérations de lixiviation et le lancement tardif
de l’appel d’offres.
La municipalité de Sidi Hassine vient d’engager  des poursuites judiciaires à l’encontre de l’Agence nationale de gestion des déchets (Anged) suite à la dégradation de la situation environnementale  actuelle dans  la décharge de Borj Chakir et les risques que cela peut avoir sur la santé de la population  tant la situation est  devenue très critique, selon le conseiller municipal Youssef Ayari, notamment après la fin, le 30 juin dernier, du contrat conclu entre l’Agence nationale de gestion des déchets (Anged) et la société Segor, laquelle avait la charge de gérer le dépotoir  pendant une période de deux ans et la suspension d’un avenant de huit mois, paraphé d’abord mais retiré unilatéralement par l’Anged et qui devait, en principe, permettre à cette entreprise de poursuivre ses activités pendant cette période jusqu’à l’octroi de la gestion du dépotoir à un nouveau mandataire. L’avenant a, en effet,  été annulé à la dernière minute, de façon unilatérale par l’Anged qui aurait, selon un ancien responsable de Segor ayant requis l’anonymat, plié devant les déclarations faites par le ministre de l’Environnement et des Affaires locales relatives à la suspension des activités de cette entreprise et la fermeture du dépotoir dans deux ans, alors qu’elle avait  informé  par deux correspondances officielles  envoyées, selon la même source, les 21 mai et 13 juin, de son intention de passer un avenant de huit mois avec ladite entreprise, après  aval de  la commission des marchés. Les 76 employés évoquent aujourd’hui une situation difficile et un sort flou dont ils ne veulent  ni parler ni l’accepter, partant de ce qu’ils ont qualifié d’absence d’un partenaire qui leur permette d’assurer leurs salaires et surtout des conditions de travail marquées, selon de nombreux employés que nous avons contactés, par un manque de matériel roulant et  des défaillances au niveau de certaines opérations de traitement des déchets, comme la lixiviation (traitement de l’eau issue des déchets) qui étaient en vigueur avec l’ancienne entreprise, un manquement que le conseiller municipal Youssef Ayari a confirmé et sévèrement critiqué, tant cela, a-t-il dit, peut avoir de graves conséquences sur la santé de la population et sur la nappe phréatique, précisant encore que trois experts mandatés par la justice sont actuellement en action pour déterminer la dégradation de la situation environnementale à Borj Chakir et devront établir des rapports sur la base desquels des poursuites judiciaires seront engagées contre l’Anged.
Le directeur de l’exploitation à l’Anged a, quant à lui, précisé qu’un avenant a été conclu avec une nouvelle entreprise ( Somedis) pour la gestion de la décharge et que plusieurs problèmes on surgi après l’incendie du 4 juin, estimant que l’avenant n’a pas été ratifié par la commission des marchés et que les droits des employés seront préservés, pendant les deux mois accordés à cette entreprise.
En attendant, une fumée épaisse continue à se dégager de la décharge et les odeurs nauséabondes rendent la vie infernale à la population qui s’est, à son tour, mobilisée pour poursuivre l’Anged devant la justice et réclamer des dommages. Une décision plus sage et réfléchie aurait dû être prise plus tôt que de laisser la décharge dans cet état catastrophique.

Jamel Taibi   

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