Le ministre des Affaires étrangères, Khémaies Jhinaoui, a qualifié d’«historique le lancement de cette zone de libre-échange qui doit constituer un pas important sur le chemin de l’intégration économique du continent».  Pour le chef de la diplomatie tunisienne, il s’agit d’un «pas vers la paix et la prospérité en Afrique»

Il s’agit certainement de l’un des événements les plus marquants de l’histoire du continent africain, le lancement de la très importante Zone de libre-échange continentale africaine (Zlec) dont la Tunisie est membre. Officiellement lancée dans sa phase opérationnelle dimanche, à Niamey capitale du Niger,  la Zone de libre-échange économique continentale a été mise sur les rails  à l’occasion d’un sommet extraordinaire de l’Union africaine. Trente-deux chefs d’État ont assisté à la naissance de ce marché africain.  Le ministre des Affaires étrangères, Khémaïes Jhinaoui, a qualifié d’«historique le lancement de cette zone de libre-échange qui doit constituer un pas important sur le chemin de l’intégration économique du continent».  Pour le chef de la diplomatie tunisienne, il s’agit  d’un «pas vers la paix et la prospérité en Afrique», soulignant la détermination de la Tunisie à soutenir l’effort continental pour la mise en œuvre de cette zone. A cet effet, Jhinaoui a assuré que « l’Institut africain des statistiques qui est basé à Tunis aura sans doute un rôle central dans le développement de la zone de libre-échange africaine », selon un communiqué des Affaires étrangères. La vice-secrétaire générale des Nations unies, Amina Mohammed, citée par plusieurs agences de presse internationales, a souligné que cette zone de libre-échange deviendra le moteur d’une croissance économique basée sur le commerce en Afrique. «Je ne peux insister suffisamment sur l’importance de cet accord et de ce qui a été réalisé. L’intégration économique de l’Afrique était déjà un objectif cher à l’Organisation de l’unité africaine (OUA), le précurseur de l’Union africaine», a-t-elle ajouté. Selon la Commission économique pour l’Afrique (CEA) des Nations unies, une fois pleinement opérationnel, l’accord de la Zlec devrait faire augmenter le niveau des échanges commerciaux intra-africains de plus de 52% d’ici à 2022.  Ainsi, pour l’Union africaine, cet accord pourrait mener vers «la plus grande zone de libre-échange du monde par le nombre de pays participants». Une zone qui réunira plus de 1,2 milliard de personnes devra être constituée et un PIB combiné de 2.500 milliards de dollars américains devra être atteint.

54 pays membres
Actuellement, 54 des 55 pays africains constituent ce nouveau marché dont le siège sera à Accra, capitale du Ghana. Seule l’Erythrée n’a pas signé l’accord mais a annoncé qu’elle était disposée à le faire. Le Gabon et la Guinée équatoriale ont déposé, dimanche dernier, leurs instruments de ratification portant à 27 le nombre de pays l’ayant ratifié. Concernant l’aspect pratique de cet accord, les discussions se penchent actuellement sur le calendrier des réductions des droits de douane et la circulation de biens importés de l’étranger. Le marché devrait être actif à partir du 1er juillet 2020. «Il faut donner un calendrier pour que tout le monde puisse jouer son rôle dans la préparation du marché (unique)», a expliqué, pour sa part, le commissaire au Commerce et à l’Industrie de l’UA, Albert Muchanga. «Les pays les moins développés ont dix ans pour supprimer les droits de douane. Un groupe de six pays parmi les moins développés, dont le Niger et le Malawi, a obtenu 15 ans», a précisé à l’AFP Cristina Chatima, directrice du commerce du Malawi. Même si l’UA estime que la Zlec permettra d’augmenter de près de 60% d’ici à 2022 le commerce intra-africain, certains observateurs, peu optimistes à l’égard de l’avenir de ce marché, pensent que le manque de complémentarité des économies africaines entravera le développement de cet accord. Ils craignent notamment que des importations bon marché ne portent préjudice aux petits producteurs agricoles et industriels. Rappelons-le, la Tunisie a signé, en mars 2018, à Kigali, capitale du Rwanda, l’accord sur la zone de libre-échange continentale africaine, et a entamé les procédures de sa ratification. L’entrée en vigueur dudit accord et l’adhésion de la Tunisie à la Zlec et au marché commun de l’Afrique orientale et australe (Comesa), ainsi que son obtention de statut de membre observateur au sein de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) permettront de renforcer le cadre juridique des relations de la Tunisie avec les pays du continent africain.

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