Il y a une citation très célèbre d’Henri Ford, l’industriel américain qui a donné son nom à la marque de voiture très connue, qui est : «Que vous pensiez en être capable ou ne pas en être capable, vous avez raison». Aujourd’hui,  on va faire une petite ode à l’optimisme en faveur de la sélection. S’il n’y a que le premier pas qui coûte, nous osons affirmer que lorsqu’on veut fortement une chose, aucun obstacle ne peut être difficile. Les grandes âmes ont des vouloirs, les autres n’ont que des velléités. Plus encore : Le vouloir fait le pouvoir en ce sens que les matches et les épreuves ne sont pas gagnés par les plus forts, ni par les plus avertis, mais par ceux qui n’abandonnent jamais. Le premier enseignement qui nous vient à l’esprit après la qualification de l’équipe de Tunisie aux quarts de finale de la CAN est que ce n’est pas le jeu qui fait les victoires, mais c’est l’usage que l’on en fait.
Autre enseignement du match d’avant-hier : Il faut éviter le fait que les joueurs attribuent leurs réussites à la chance ou à des facteurs externes. Dans ses anciennes sorties, la sélection avait tendance à abandonner rapidement les épreuves auxquelles elle fait face quand cela devenait difficile. Quand on voit le parcours de l’équipe, on peut se demander comment les joueurs ont fait pour arriver à un tel exploit ? Ils peuvent nous répondre tout simplement par une phrase de Napoléon I: « Quand on veut, on peut ! » Mais la vraie question reste : Jusqu’où pourront-ils aller ? Le jugement qu’un joueur porte sur ses capacités a une influence sur ses performances, et ce, quel que soit le niveau initial de sa compétence. La réussite entraîne la réussite, et l’échec entraîne l’échec. La manière dont un joueur interprète ses prestations et son rendement sur le terrain affecte ses efforts et ses performances futures. Un niveau d’assurance est de ce fait souhaité en football. Afin d’offrir un climat de travail rassurant pour les joueurs, l’entraîneur et le staff technique sont appelés à développer des méthodes de travail coopératif au sein du groupe, rendre moins visibles les penchants de comparaison entre joueurs et éviter de susciter la compétition entre eux, exprimer des attentes élevées et s’abstenir de menacer de conséquences négatives en cas d’échec.
La sélection a-t-elle enfin trouvé sa voie ? La vérité de demain se nourrit de l’erreur d’hier. Les changements apportés à l’occasion du match contre le Ghana ont-ils provoqué le déclic souhaité ? Une chose est sûre : indépendamment du résultat et de la qualification aux quarts de finale, la sélection revendique aujourd’hui une approche centrée sur des trajectoires à la fois collectives et individuelles. L’objectif étant de parvenir à se démarquer de tous les obstacles qui empêchaient jusque- là les joueurs de s’exprimer à fond et de s’épanouir sur le terrain. Cette approche, qui a pris notamment un sens grâce aux changements apportés à la composition de l’équipe, suppose aussi de ne pas en rester à la seule sphère du jeu ordinaire et passif, mais de gérer le match au regard des nouvelles contraintes et obligations de jeu. Tout cela après avoir valorisé les étapes qui conduisent à l’épanouissement de l’équipe et les ressources individuelles différenciées dont elle dispose pour se donner une raison d’être. L’on s’attache aujourd’hui à mesurer les variations entraînées par ces changements. La reconversion de la sélection en une équipe qui se bat sans se résigner se traduit par des façons d’être, de faire et de penser différentes. L’on pensait que le monde que la CAN propose n’est pas vraiment pour la sélection, notamment après les prestations des trois premiers matches. Mais nous réalisons aujourd’hui que ce monde, avec ses contraintes et ses obligations, est quelque part fait pour l’équipe. A sa nouvelle façon de s’exprimer sur le terrain, elle se fait ainsi l’idée que chaque match est à lui seul un parcours, une vie.

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