La filière des céréales bios a observé un saut considérable avec le triplement en une année de la superficie totale des cultures, frôlant ainsi les 1.600 ha recensés début 2019.

Si les produits agricoles bio ont le vent en poupe dans les pays développés, notamment l’Union européenne, l’engouement pour les denrées biologiques demeure vraisemblablement négligeable dans la plupart des pays en voie de développement, notamment la Tunisie. Cependant, promue par le département de tutelle comme étant une terre de bio, la Tunisie a tous les atouts en main pour faire décoller cette agriculture très prisée par les Européens. A vrai dire, les cultures biologiques constituent des filières agricoles prometteuses, dans la mesure où la demande extérieure suit une tendance haussière.
Etant fragiles et susceptibles d’être facilement contaminées, les terres biologiques nécessitent avant tout un savoir-faire important qui permet à l’agriculteur de gérer et protéger ses cultures dans toutes les étapes allant de la production jusqu’à l’exportation. Certes, pour pouvoir lancer et réussir leurs projets, de nombreux opérateurs dans le secteur de la culture biologique ont pu acquérir les connaissances nécessaires. Mais comme l’attestent les agriculteurs, notamment les maraîchers biologiques, le secteur a besoin davantage de moyens à déployer en matière de formation et de logistiques adaptées pour assurer l’exportation dans des conditions convenables.
L’instauration d’un cadre réglementaire phytosanitaire régissant la production biologique et permettant une certification homologuée avec l’UE, outre la mise en place de plusieurs mesures incitatives, notamment financières, ont contribué, quant à elles, au déclenchement d’une dynamique dans le secteur au cours de la dernière décennie. Ainsi la superficie totale des cultures biologiques a atteint, fin 2018, plus de 308 mille ha exploités par un total de 7.970 opérateurs.

Les oliviers bio raflent la mise
Tandis que l’évolution du nombre des exploitants agricoles dans les filières biologiques a connu une croissance linéaire soutenue depuis 2010, la variation du total des superficies des cultures biologiques était plutôt fluctuante durant cette même période. Le nombre des opérateurs en agriculture biologique a presque triplé en seulement 8 ans, de 2010 à 2018, alors que la superficie des terres biologiques a chuté dans un premier temps d’environ la moitié par rapport aux superficies recensées en 2010, dont la valeur avoisinait les 403 mille ha, pour reprendre, à partir de 2014, à un rythme de croissance graduelle.
L’année 2018 a enregistré une régression au niveau des superficies des cultures biologiques accusant une baisse d’un total d’environ 40 mille ha toutes cultures confondues, par rapport à 2017. Seule la filière des céréales a observé un saut considérable où la superficie totale des cultures répartie sur tout le territoire a plus que triplé en un an, frôlant ainsi les 1.600 ha. Les oliviers, quant à eux, dominent toujours le podium des filières bios avec une superficie totale de plus de 241 mille ha, soit environ 71% des cultures biologiques.

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