Il a fait jaser la Croisette cannoise en 2019 : le retour de Pédro Almodovar n’est, en effet, pas passé inaperçu, mais ce n’est pas la patte du réalisateur qui a été unanimement saluée, c’est davantage Antonio Banderas, qui a conquis les spectateurs.
Ce long métrage est le portrait d’un réalisateur en souffrance, torturé et par des moments insoutenables esquissé pendant près de 2h. Le spectateur apprend à cerner le personnage principal à travers une série de retrouvailles, effectuée dans la vraie vie ou à travers des souvenirs. Ce portrait prend forme des suites de ces bonds dans le temps, finement maîtrisé, et nous confrontent aux premiers émois de cette personne et à ses premiers amours, en passant par les coups durs, les déceptions, des plus graves aux plus futiles, le rapport à la mère (propre à Almodovar), sans oublier, celui entretenu avec la mort. Les acteurs avec qui il a travaillé pendant des décennies entières, des années soixante, aux années 80, jusqu’à nos jours. Création et vie privée restent indissociables et sa chute dans les abîmes de la mélancolie quand il n’arrive plus à créer.
Cette œuvre est extrêmement bien accueillie par la presse étrangère, qui l’a unanimement salué, depuis sa sortie le 17 mai et sa projection au festival de Cannes. Un regain de tension émotionnel plane durant tout le film : Banderas dans le rôle de Salvatore est dégoulinant d’expressivité.
Le réalisateur, cinéaste nous offre une auto-fiction bouleversante, subjective, sur son propre parcours finalement : pour beaucoup, ce film était même considéré à sa sortie comme étant le testament d’Almodovar. Une perception à laquelle tout le monde n’y adhère pas beaucoup : «Douleur et Gloire» est une issue de sortie, un secours pour l’artiste qui tente de sortir de sa dépression : ce film est une résurrection, la sienne.

«Douleur et gloire» était la 6e entrée en compétition officielle pour le cinéaste espagnol, après «Tout sur ma mère» (1999), «Volver» (2006), «Etreintes brisées» (2009), «La Piel que habito» (2011) et «Julieta» (2016), et c’est le dernier volet d’une trilogie, précédé par «La loi du désir» et «La Mauvaise éducation». Ces trois longs métrages cités, relatent tous le parcours set la vie d’un réalisateur en mal de vivre et traitent du désir et de la fiction cinématographique.
Aux côtés de Banderas, la muse d’Almodovar, Pénélope Cruz, toujours aussi fulgurante. Le film lancera la carrière des deux jeunes talents Asia Flores et César Vicente. Le film est dans la plupart des salles tunisiennes depuis le 2 juillet.

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