On a souvent tendance à oublier, dans le tumulte de la vie quotidienne, les personnes handicapées. Ces personnes vulnérables trouvent peu de tribunes pour exprimer leurs besoins, pour décrire leurs souffrances que la crise économique et sociale a exacerbées. Motus et bouche cousue. Le sentiment du chacun-pour-soi l’emporte sur les valeurs de solidarité, d’altruisme, de charité et d’entraide. Sommes-nous à ce point devenus individualistes, narcissiques et opportunistes pour laisser au bord de la route des compatriotes en détresse ? Les membres de l’Association tunisienne de défense des droits des personnes handicapées qui ont été reçus hier par le président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Brahim Bouderbala, ont lancé un cri de détresse à l’adresse du pouvoir législatif pour qu’il les aide à venir à bout de quelques obstacles qui entravent leur participation à la vie politique et faire sauter les verrous qui rendent leur quotidien plus amer que le handicap qu’ils n’ont pas choisi de porter. En effet, ils font face à des procédures douanières lourdes et obsolètes relatives à l’importation de véhicules pour les personnes à besoins spécifiques. Ils souffrent d’un problème d’accès à l’emploi et à l’autonomisation économique. Ces  personnes veulent vivre dignement et être considérées comme des citoyens à part entière et non de seconde zone. Est-ce à ce point difficile à satisfaire pour tourner le dos aux plus vulnérables ou  est-ce que c’est devenu une  façon d’agir égoïste en temps de détresse collective qui ne peut que noircir le tableau et rendre le quotidien des personnes à besoins spécifiques  encore plus rude à vivre ? Certes, le budget est difficile à boucler, les dépenses de l’Etat dérapent et des choix doivent être faits pour faire face à tant de défis, mais le gouvernement, à qui incombe la difficile tâche de gérer les affaires de l’Etat, ne doit pas regarder avec un froid glacial  le ciment de notre société s’effriter dans un monde aux repères incertains. Il doit être la voix des sans-voix, les yeux de ceux qui sont privés de regard et les bras de ceux qui ne peuvent s’accrocher à rien. Cela dit, nous sommes devenus l’un des rares pays où lorsqu’il y a une crise, les revendications augmentent et la solidarité baisse et plonge davantage les plus vulnérables dans la précarité et le besoin. Certes, il y a tant de choses à changer dans notre pays parce qu’elles ne fonctionnent pas, mais s’il est un domaine où le consensus entre nous devrait être respecté, c’est celui de la solidarité, qui ne doit pas relever uniquement des prérogatives de l’Etat mais à la Tunisie tout entière avec ses acteurs de la société civile, son Parlement, ses partis, ses syndicats et son peuple.

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