Inclusion financière | Avis d’experts

 

Raja Gharbi, responsable Communication au Conseil Bancaire et Financier (CBF) : «L’activité Crédit Bureau peut contribuer beaucoup à l’inclusion financière»

«Les banques jouent un rôle important dans la promotion de l’inclusion financière, notamment à travers la finance digitale. Le Conseil bancaire et financier a lancé, en ce sens,  un baromètre sur la maturité digitale qui a révélé  que plus de 55% des banques ont une maturité digitale supérieure à la moyenne, c’est-à-dire “digital in progress”. La digitalisation contribue beaucoup à l’inclusion financière et rejoint les efforts des établissements de paiement, des institutions de microfinance et même les micro-assurances.

Le CBF travaille également sur l’accompagnement des établissements de paiement en formant les agents, laquelle formation est assurée par l’académie des banques et des finances. Nous avons, en outre, un programme d’accompagnement qui est mis en œuvre en partenariat avec l’association des startup et qui vise à promouvoir l’utilisation des  nouvelles technologies mises à disposition par les startup pour booster la digitalisation des banques. N’oublions pas que  le crédit Bureau (la loi sur le crédit Bureau a été publiée l’année dernière) peut contribuer énormément à l’inclusion financière. En effet, les banques attendent la publication des textes d’application pour pouvoir entamer  ce programme, car  la notation permet d’améliorer le financement des entreprises par les banques. La confiance étant un pilier important de l’inclusion financière, nous travaillons sur le renforcement de cette  confiance dans le système bancaire tunisien. Le CBF mise, en outre, sur l’éducation financière. Dans ce cadre, un travail de vulgarisation des services et produits financiers bancaires au profit  des entrepreneurs est en cours de réalisation.  A cet effet, des capsules ont été réalisées en partenariat avec les banques».

Omar Bouzouada, Directeur Général de l’APII : «Le site web “crowdfunding Tunisie” sera bientôt lancé»

«Le crowdfunding peut être un important outil d’inclusion financière. Aujourd’hui, les acteurs qui vont opérationnaliser la loi sur le crowdfunding sont la BCT, le CMF et l’ACM. Trois notes explicatives, qui détaillent la démarche à suivre pour la création des plateformes crowdfunding, seront publiées cette année, avant la fin du mois de mai […]. Nous allons au niveau de l’APII former des membres de l’autorité. Nous avons d’ailleurs commencé les sessions de  formation avec l’appui français, grâce à Expertise France, et ce, afin de poursuivre la mise en place de cette nouvelle approche au niveau des  trois structures de contrôle et de régulation. On est, par ailleurs,  en train de créer un logo et une charte graphique Crowdfunding Tunisie. Le développement d’un portail national d’information avance à pas de charge, et son annonce sera faite  lors du premier forum sur le crowdfunding qu’on est en train de préparer. Au cours de ce forum, qui va réunir tous les acteurs et structures concernés par le crowdfunding, mais aussi les jeunes et la diaspora tunisienne, nous allons lancer  le site web crowdfunding Tunisie qui va faciliter l’accès des jeunes aux plateformes de financement participatif.  En outre, une étude de marché sur le potentiel du crowdfunding en Tunisie sera, bientôt, lancée».

Morcy Guefrech, chef de division à la BNA et membre de l’ATCF Gabès : «Finir avec cet amalgame entre institution financière et administration fiscale»

“Il est clair que, dans les régions de l’intérieur, l’inclusion financière n’est pas au beau fixe. Dans ces régions, on parle plutôt d’exclusion financière. L’inclusion financière revêt beaucoup d’importance parce que c’est le moyen qui va permettre d’intégrer les acteurs économiques dans le secteur formel. Dans les régions du Sud, il s’agit d’un enjeu capital,  parce que les gens sont encore très méfiants vis -à -vis des services financiers et font toujours l’amalgame entre institution financière et administration fiscale. Ils confondent entre accès aux services et produits financiers et contrôle fiscal. C’est un problème de communication et pourtant l’inclusion financière présente beaucoup d’avantages pour les PME et les TPE. Il faut, donc,  mettre en place des produits financiers qui sont adaptés aux besoins des gens, parce qu’on ne peut pas vendre un produit pour tout le monde. On parle ici du  principe de la segmentation. Il faut offrir à ces couches sociales vulnérables et défavorisées un produit adapté dans lequel ils peuvent avoir confiance. C’est ce qui va leur permettre d’accéder par la suite à des financements, des produits d’assurance… Grâce à l’inclusion financière, on  peut éradiquer la pauvreté et contribuer à la croissance économique. D’ailleurs, l’inclusion financière est synonyme de croissance économique”.

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