Et si la qualification de la sélection aux demi-finales de la CAN pouvait servir à la réconciliation ? Au-delà des suppositions et des pronostics pour le prochain match contre le Sénégal, il y a la certitude qu’on peut être mieux, qu’on pourrait mériter mieux. Et c’est bien à ce sentiment que nous espérons que tous les acteurs se laissent aller, sans calcul, sans remords. Et surtout sans rancune…
Il y a des moments où ce qui provient de la sélection est un peu douteux, mais le fait est là: la CAN 2019 rejaillit sur une note positive. On sent que l’effort y compte beaucoup plus qu’ailleurs. Pour détenir cette volonté, il faut en avoir envie et savoir aller au-delà de soi-même. Une chose est sûre : les émotions dopent le mental des joueurs et les emportent vers des considérations qui transcendent, et permettent l’accomplissement de soi. Tunisie-Madagascar est tout sauf un match ordinaire. On ne se défausse pas. La motivation peut aller plus loin qu’on ne peut le penser. L’exemplarité et l’image que les joueurs et toutes les parties prenantes donnent du football tunisien le sont encore davantage. Personne n’en est exempt. Au-delà de l’exploit, de la victoire, au-delà aussi des déceptions et des frustrations, c’est la vocation, le statut et l’emblème de notre football qui l’emportent sur tout. Après tout, il y a et il y aura toujours des signes porteurs de certaines assurances… Et tant pis pour les mauvaises fois et les mauvaises volontés.
Compte tenu du potentiel qui lui est naturellement associé. Si la sélection se donne désormais une raison d’être sur le terrain, elle peut entrer à tout moment dans l’histoire. Par souci de justesse, on lui accorde le rang de la particularité. De l’exception. Une victoire, un exploit au sommet témoignent de l’expression naturelle et de la passion que l’on éprouve pour le foot, pour le jeu, pour l’épanouissement. Autant de sentiments et de conscience dans un contexte qui n’était pas cependant des plus favorables au premier tour et aux premiers matches, au moment où tout l’environnement du football n’était pas vraiment enchanteur.
Convaincante ou pas, l’équipe de Tunisie transporte dans le temps. Aujourd’hui, elle est difficile à freiner. Reste que les précautions d’usage valent lorsqu’il s’agit de se donner un rendez-vous avec l’histoire.
Peut-on dire si une équipe est meilleure que ses devancières, alors qu’on oppose des générations différentes, des styles différents, des époques qui n’ont plus rien à voir aujourd’hui? On tend à penser qu’il n’est pas possible de se livrer à de telles comparaisons, même si l’on formule l’analyse non pas en termes de niveau de performance, mais en termes de l’excellence.
Le palmarès africain? Forcément représentatif d’un niveau exceptionnel. Le classement africain ? Brisé en raison de l’émergence de certaines nouvelles forces. Le parcours? Il ne dissocie pas les chances. Mais aucun critère ne semble à lui seul suffisant. En partant du principe que la quantité ne fait pas souvent la qualité.
Les victoires et les exploits tunisiens ont de tous les temps pris forme dans un modèle d’épanouissement, de plénitude et de jubilation. Là où tout se mérite plus que ça ne se revendique, le rêve devient chaque fois réalité. Une date, un rendez-vous, des matches qui ne se ratent pas et qui, d’un défi à l’autre, ne s’oublient jamais.

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