Pollution à Gabès : Un crime environnemental !

 

Le collectif «Stop Pollution», œuvrant pour une meilleure qualité de la vie à Gabès, a lancé son appel aux citoyens et aux forces vives du pays à rejoindre massivement le rassemblement de protestation contre la pollution à Gabès, qu’il a organisé, hier, devant le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Energie.

Ce rassemblement qui coïncide avec la célébration de la Journée mondiale et nationale de l’environnement, vise à sensibiliser quant aux dégâts environnementaux et sanitaires causés par la pollution générée par le Groupe chimique tunisien à Gabès.

Un crime environnemental et de terrorisme industriel

Le collectif a tenu, par ailleurs, une conférence de presse, au Syndicat national des journalistes tunisiens (Snjt), pour mettre l’accent sur la réalité de la situation environnementale dans le pays, la défaillance des politiques environnementales et les engagements manqués à ce titre par les pouvoirs successifs.

Le collectif a dénoncé, dans un communiqué, ce qu’il qualifie de «crime environnemental et de terrorisme industriel» perpétré contre les habitants de Gabès depuis plus de 51 ans.

«Un crime qui pourrait anéantir toute forme de vie et qui a déjà causé une baisse dévastatrice (93%) de la biodiversité dans le golfe de Gabès qui accueillait la plus grande population de poissons dans le bassin méditerranéen avant l’installation de l’activité industrielle à Gabès, outre les effets sur la santé humaine».

Le collectif, qui a fêté le 5 juin  courant son 11e anniversaire, a rappelé que les mouvements de protestation contre le fléau de la pollution industrielle à Gabès, engagés depuis 2011 par les habitants, ont été couronnés par la décision du 29 juin 2017 portant sur l’arrêt immédiat du déversement du phosphogypse dans la mer par les usines de transformation de phosphate, la fermeture des unités polluantes du Groupe chimique tunisien et la lutte contre toutes les formes de pollution résultant de l’activité industrielle. «Une avancée à laquelle, le gouvernement actuel semble vouloir renoncer, puisque toutes les commissions chargées de ce dossier ont été désactivées depuis plus de deux ans», a alerté le collectif, considérant qu’il s’agit là d’un coup dur porté à la lutte des habitants de Gabès pour un environnement sain. Faisant porter la responsabilité de ce blocage à la présidence de la République et à tous les départements ministériels qui se sont engagés, auparavant, à résoudre ce dossier, sans concrétiser ces engagements sur le terrain, «Stop Pollution» a appelé à révéler les résultats des rapports et des enquêtes réalisés sur le démantèlement des unités polluantes et à remettre en activité les commissions chargées de ce dossier.

Il a considéré que toute négligence ou laisser-aller à cet égard constitue un appel indirect au retour des mouvements populaires.

Actif depuis 2012, le collectif «Stop pollution» défend le droit de la région de Gabès à un environnement sain et plaide pour l’éradication de toutes les formes de pollution et le changement du modèle de développement régional.

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