Lancement officiel du projet Swafy | La science au cœur des priorités des jeunes 

 

D’un budget total de 9.5 millions d’euros, dans le cadre d’un accord avec l’Union européenne, le projet Swafy vise à disséminer la culture scientifique et son attractivité au sein de la jeunesse tunisienne à travers le renforcement et la valorisation de son potentiel dans les sciences, l’appui aux acteurs et au tissu associatif travaillant dans ce domaine, la professionnalisation de la créativité chez les jeunes, l’accès équitable à la science dans tous les gouvernorats…

L’Agence nationale de la promotion de la recherche scientifique (Anpr) a organisé, fin de la semaine dernière, un séminaire pour annoncer le lancement officiel du projet Science With And For Youth, Swafy. Financé par l’Union européenne dans le cadre du programme EU4YOUTH, Swafy sera l’occasion pour faire profiter notre jeunesse de tout le potentiel existant, pouvoir leur apporter l’accompagnement nécessaire et leur donner l’espoir de croire dans ce pays. L’événement a été marqué par la présence du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Moncef Boukthir, son excellence l’ambassadeur de l’Union européenne en Tunisie, Marcus Cornaro, du directeur général de l’Anpr, Pr Chedly Abdelly, et de la Conseillère auprès de la Cheffe du gouvernement, Samia Charfi.

Un pilier de développement économique et social

À l’ouverture des travaux de ce séminaire, Pr Abdelly a indiqué que ce séminaire se veut un forum et un espace de partage et d’échange autour de la jeunesse, impliquant un large éventail de partenaires institutionnels à leur tête les ministères de l’Économie et de la Planification, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, de l’Éducation, de la Jeunesse et du Sport, des Affaires culturelles, de la Femme et de l’Enfance, de l’Emploi et de la Formation professionnelle ainsi que des partenaires  socioéconomiques à l’instar de l’Utica, la Conect et des associations et clubs scientifiques.“La jeunesse constitue, aujourd’hui, plus de 50% de la population tunisienne. Elle est pleine de compétences et de potentialités comme en témoignent les brillantes réussites dans diverses compétitions internationales. La jeunesse constitue donc le pilier le plus important de développement économique et social de notre pays… Pour cette raison, notre jeunesse est et restera prioritaire dans la stratégie nationale de développement économique et dans les programmes de coopération internationale”, a souligné Chedly Abdelly, tout en ajoutant que depuis qu’elle a vu le jour, l’Anpr a bénéficié de l’appui financier du ministère de l’Enseignement supérieur et de l’UE pour soutenir une recherche impactante, impliquant des partenariats avec les milieux socioéconomiques.

Sur un autre plan, le Pr Abdelly a affirmé que le lancement du projet Swafy offre et ouvre de nouveaux horizons à l’Anpr, mais il constitue, également, un nouveau défi pour l’agence et ses partenaires.

“Malgré ce défi de taille, nous sommes confiants et rassurants, car toutes les conditions de réussite sont déjà rassemblées. D’abord, Swafy est piloté par des représentants motivés des départements en charge de la jeunesse et de la science. Chacune des composantes du projet est pilotée par un comité d’experts. Ce projet est, donc, conduit par une équipe compétente, persévérante, pleine de motivation et qui a fait ses preuves durant plusieurs projets précédents”, a-t-il encore précisé. 

20 ans de partenariat autour de la science

Pour sa part, l’ambassadeur de l’Union européenne en Tunisie, Marcus Cornaro, n’a pas manqué de rappeler qu’en 2003, la Tunisie était le premier pays à signer un accord scientifique et technologique avec l’UE, ce qui a permis d’initier une coopération fructueuse, qui ne cesse de grandir et de se développer surtout dans le secteur de la science et de la recherche. “Aujourd’hui, on fête le 20e anniversaire de ce partenariat entre l’UE et la Tunisie autour de la science pour les jeunes… Avec le lancement du projet Swafy, de nouvelles opportunités se dessinent et il existe beaucoup d’ambition pour continuer l’amélioration de l’inclusion économique, sociale et politique des jeunes tunisiens…. La continuité de ce partenariat traduit également l’engagement réel de l’UE pour accompagner la Tunisie et particulièrement la jeunesse à faire face aux défis et aux opportunités socioéconomiques, à leur tête la réforme du système éducatif qui s’impose dans une conjoncture mondiale pleine de défis et de mutations”, a–t-il précisé. Marcus Cornaro a, également, affirmé que le projet Swafy revêt un intérêt double. Tout d’abord, il s’inscrit dans le cadre de la coopération entre la Tunisie et l’UE dans le secteur de l’éducation et de la recherche et dans une logique de soutien direct et de valorisation du potentiel performant de la jeunesse tunisienne. Deuxièmement, Swafy va continuer à déployer les dispositifs de recherche partenariale avec le monde socioéconomique afin de mieux les ancrer comme un moyen d’aide à l’économie nationale et à l’économie du savoir. “Swafy représente le premier projet de l’UE en Tunisie qui agit pleinement dans le domaine de la culture scientifique à travers la société civile… D’autres actions de coopération sont encore en cours à l’instar du démarrage imminent du projet recherche-environnement et le démarrage du programme d’appui au secteur de l’éducation de base”, a ajouté l’ambassadeur.

Améliorer l’inclusion économique, sociale et politique

Un avis partagé par Mme Samia Charfi, qui a ajouté que ce projet est dédié à la science pour et avec la jeunesse afin de contribuer à l’amélioration de l’inclusion économique, sociale et politique des jeunes tunisiens, notamment les plus défavorisés, à travers l’approche de développement local dans notre pays et plus particulièrement dans les régions ciblées avec différents projets pertinents et alignés sur les priorités de la Tunisie. Swafy s’inscrit aussi dans le cadre de la vision de la Tunisie 2035, dans la volonté de notre pays d’appuyer l’économie du savoir et de privilégier l’économie basée sur la connaissance.

“Ce projet s’inscrit dans le cadre de la volonté de la Tunisie de renforcer l’inclusion et la justice sociale par l’amélioration de l’employabilité, la création d’emplois décents et de soutien à l’entrepreneuriat des jeunes en Tunisie et en particulier dans les régions où il y a un fort taux de chômage et d’abandon scolaire… Ce projet vient aussi placer la science au cœur des priorités des jeunes. En effet, depuis l’indépendance, l’éducation et la science ont été la priorité et ont constitué l’assise de l’ascenseur social. Elles sont, aujourd’hui plus que jamais, un défi d’actualité”, a-t-elle précisé.

Les filières scientifiques n’attirent plus

Mme Charfi a souligné qu’on a des cursus universitaires de qualité dans différents domaines et en particulier dans des domaines très demandés à l’échelle mondiale. D’après l’indice global de l’innovation, la Tunisie est classée 5e pour la proportion des étudiants en sciences et en ingénierie par rapport à la population et elle est aussi classée 13e pour le nombre des publications scientifiques et techniques par rapport au PIB, ce qui confirme, encore une fois, les grands acquis de la Tunisie en la matière. “Malgré ces réussites, on constate que les filières scientifiques au baccalauréat ne sont plus demandées comme avant et on observe aussi des difficultés liées au décrochage scolaire, de fortes disparités des résultats dans les régions et un manque d’adéquation entre les compétences diplômées et les besoins des entreprises… Actuellement, plusieurs programmes et actions sont en cours pour améliorer la qualité de l’enseignement des langues et des sciences, pour prévenir la situation de décrochage, mieux adapter le cursus universitaire et la formation avec les besoins du monde socioéconomique…  Ce projet constitue donc une opportunité pour approcher les élèves du monde de la recherche et des sciences et renforcer l’attractivité scientifique ainsi que l’innovation pédagogique dans les différentes régions. Il va permettre aussi de développer autour des établissements scolaires et universitaires un écosystème créatif, animé par les activités culturelles et scientifiques, ce qui va développer davantage la curiosité des jeunes, l’esprit critique, l’entrepreneuriat… ”, a-t-elle affirmé.

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