L’Institut tunisien des études stratégiques (Ites) a organisé, hier, une conférence pour présenter son corpus élaboré en vue de définir, exposer et expliquer les grandes réformes stratégiques qui doivent avoir lieu en Tunisie. C’est en présence de plusieurs intervenants dans les secteurs de l’économie, de la santé, de l’administration, de la sécurité et autres, que ces grandes réformes ont été débattues. Une nouvelle occasion pour appeler à les concrétiser loin des tiraillements politiques.

Représentant le chef du gouvernement lors de cette conférence, Taoufik Rajhi, ministre chargé des Grandes réformes, a appelé à tenir les plans d’étude et de concrétisation des réformes stratégiques à l’écart des tiraillements politiques pour assurer une meilleure efficacité au niveau de leur mise en place. Ces réformes doivent être opérées à plusieurs niveaux, structurel, sectoriel et transversal et ce «tout en prenant en considération les intérêts des familles tunisiennes à revenu limité».
Exposant la stratégie gouvernementale en matière d’élaboration des grandes réformes, Rajhi a expliqué que le gouvernement continue à œuvrer pour mettre en œuvre des réformes urgentes, notamment dans les secteurs de la finance, de l’agriculture et du tourisme, rappelant que la Tunisie a, déjà, opéré tout au long des dernières années diverses réformes importantes dans plusieurs secteurs. «La Tunisie est devenue un leader en matière de grandes réformes structurelles après l’élaboration de plusieurs changements sur les plans législatif, social, fiscal, économique…», a-t-il noté. Le ministre a énuméré dans ce sens plusieurs réformes sectorielles opérées dans des domaines comme la santé, le transport, l’énergie, soulignant qu’il a été procédé à d’autres réformes transversales ciblant en particulier l’administration, la fonction publique, les entreprises publiques et le système de subventions.
Conscient que certaines réformes peuvent être impopulaires, il a rappelé la question selon laquelle leur élaboration doit être accompagnée de mesures nécessaires en vue de protéger les familles nécessiteuse ou à revenu limité. Il a dans ce sens annoncé que le gouvernement a décidé de prendre en charge 40% des impayés des familles nécessiteuses auprès de la Société tunisienne d’électricité et de gaz (Steg). En effet, le chef du gouvernement, Youssef Chahed avait publié avant-hier, jeudi, une circulaire réglementant les procédures et les conditions permettant la prise en charge par l’Etat du payement d’une partie des dettes des familles nécessiteuses et à faibles revenus auprès de la Steg. Cette mesure concernera 660.000 familles bénéficiant de ce privilège dont l’Etat prendra en charge 40% environ des dettes et ceux qui n’ont pas payé les frais de consommation d’énergie électrique.

Pour un consensus national
Ayant supervisé l’élaboration de ce corpus des réformes stratégiques, Neji Jalloul, directeur général de l’Institut tunisien des études stratégiques, a appelé à la mise en place d’une ceinture politique pour appuyer ces réformes stratégiques, car, à son sens, toute réforme est impopulaire. « Elaborer des réformes à grande échelle et touchant à plusieurs secteurs est devenue une évidence en Tunisie. Tout le monde est conscient de ce fait. Le diagnostic de la situation est connu, reste à connaître les modalités de la concrétisation de ces réformes. Comment allons-nous procéder? » s’est-il interrogé, expliquant que le corpus élaboré par l’Ites a porté sur vingt secteurs dans lesquels des réformes doivent être opérées.
A cet effet, Jalloul a plaidé en faveur d’une approche rationnelle, efficace et pragmatique pour conduire ces réformes tout en prenant en considération les capacités budgétaires limitées de l’Etat tunisien, car selon ses dires, la question est aujourd’hui de pouvoir concilier la situation économique du pays et l’élaboration des grandes réformes urgentes. Selon lui, les réformes doivent faire l’objet d’un consensus national et doivent être tenues à l’écart des tiraillements politiques.
Ayant pris part à cette conférence, plusieurs intervenants issus notamment des secteurs économique et financer ont appelé à opérer d’urgence des réformes pour contribuer aux efforts de la relance économique et garantir de nouvelles sources de financement aux caisses de l’Etat. En effet, l’accent a été mis sur la nécessité de réformer le Code du change, devenu selon leurs dires archaïque et en déphasage avec les réalités économiques et financières de l’Etat, outre l’inclusion du secteur informel dans les cercles contrôlés de l’économie.
Le corpus des grandes réformes élaboré par l’Institut tunisien des études stratégiques est, notons-le, une sorte de document exposant la vision de plusieurs experts et compétences nationales en matière d’élaboration des grandes réformes stratégiques en Tunisie. Ayant porté sur vingt secteurs dont notamment la santé, l’économie, la finance, l’éducation, la protection sociale… le document propose également des solutions à même de mener ces réformes tout en prenant en considération les capacités de l’Etat et les intérêts des classes sociales les moins nanties.

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