Les porteurs du virus du Sida font l’objet de rejet et sont victimes de discrimination.
Les personnes vivant avec le VIH (PVVIH) continuent à être stigmatisées dans un pays où les préjugés ont encore  la peau dure. Leurs droits sont non seulement fragiles, mais à l’épreuve notamment des idées reçues et des mentalités rétrogrades qui ont légion dans le milieu professionnel et les espaces vitaux comme les hôpitaux publics.

En effet, les personnes appartenant à la communauté Lgbtqi (lesbienne, gay, bisexuel, transgenre, travailleurs et travailleuses du sexe…) sont victimes de discrimination dans une société qui rejette tout ce qui n’entre pas dans le moule social. Cette population cristallise la haine des citoyens lambda et est souvent la cible de propos dégradants et humiliants.

Qui  plus est, la loi ne fait rien pour arranger les choses. Selon l’Association tunisienne de prévention positive, celle-ci comporte plusieurs lacunes qui vulnérabilisent les droits de ces communautés. C’est suite aux nombreuses plaintes de personnes porteuses du  VIH victimes de discrimination, notamment au sein du milieu hospitalier que l’association a décidé de se pencher sur le contenu des textes juridiques afférents à la protection des droits de ces personnes afin d’en décrypter les failles.

Une première lacune a été relevée au niveau de l’article 7 de la loi de 1994. Alors que les médecins devraient être tenus au secret professionnel et ne divulguer aucune donnée personnelle sur les pathologies de leurs patients à l’exception de cas bien précis, l’article autorise le personnel médical à signaler aux autorités sanitaires les cas atteints de maladies sexuellement transmissibles, ce qui représente, selon l’association, une violation de la confidentialité des données personnelles et privées des personnes atteintes du VIH ou d’autres maladies sexuellement transmissibles. La loi ne prévoit pas non plus de dispositions particulières pour protéger ces personnes sur leur lieu de travail et éviter leur licenciement et leur privation d’une source de revenu fixe qui les protège de la précarité sociale et économique. Les textes juridiques relatifs aux droits de ces communautés révèlent, par ailleurs, d’autres failles : si les personnes porteuses de VIH ont accès gratuitement aux soins, les migrants atteints de MST et se trouvant sur le territoire tunisien ne sont, par contre, pas concernés par ladite loi.    Quant au milieu carcéral, il est loin d’être tendre pour les détenus appartenant à ces communautés qui sont non seulement isolées et stigmatisées par la population carcérale, mais qui  ont, par ailleurs, difficilement accès aux programmes de prévention sanitaire, de formation et au marché de l’emploi à leur sortie de prison.

Afin de consolider leurs droits, l’association recommande de réviser la loi dans l’optique d’une meilleure protection des données personnelles et privées des personnes vivant avec le VIH. Celle-ci préconise également d’introduire dans la formation des agents pénitentiaires le respect des droits des PVVIH et d’intégrer le VIH/Sida dans la liste des maladies chroniques de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam).14

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