Ballet japonais Awa danse au Festival International de Carthage : De l’art de conserver ses traditions

L’une des traditions les plus en vue en matière de danse au Japon était à l’honneur avant-hier soir au théâtre romain de Carthage. Une danse qui fusionne avec les éléments de la nature et les instruments de musique.
Avant que les danseurs ne se déferlent sur la scène, une vidéo nous annonce la couleur et l’ampleur de la tradition de la danse   Awa au Japon. Une danse folklorique que l’on peut admirer pendant le grand festival de Tokushim dont les images ont été projetées justement dans cette vidéo. Une danse  qui curieusement donne  l’impression d’une revendication sociale pleine de couleurs et de joie dans les rues du Japon… Viendront ensuite sur scène les danseurs comme s’ils surgissaient de l’écran. Ces danseurs préservent la tradition des danses Awa dont l’origine remonte à quatre siècles. La particularité qui marque au début, c’est que toute la troupe représente différentes catégories de la société japonaise (paysans, citadins) mais aussi toutes les catégories d’âges : enfants, dames, hommes et séniors qui, eux, jouaient sur les instruments, tambours au rythme parfois endiablé qui résonnent comme des «Te Deum» de guerre, flûte, guitare traditionnelle et gongs entre autres. L’intégration de petites filles dans ce spectacle prouve d’ailleurs à quel point cette tradition se transmet aux nouvelles générations et sans innovations qui la dénaturent, chose qu’on aurait souhaité voir sous nos cieux avec la danse populaire tunisienne qui s’effiloche en perdant ses pas au fil des ans.

Un spectacle de pure tradition dans la synchronisation entre la musique, le chant et la danse mais qui s’inscrit également dans une harmonie avec la nature et le rythme de ses saisons. Ainsi, nous avons assisté à des tableaux qui correspondent à chacune des quatre saisons. Par moments, une explication surgit sur l’écran en langue anglaise pour donner au public des informations sur cette danse. Une danse qui a pour fonction d’accueillir les âmes des ancêtres pour la période de «Bon», la fête des morts en juillet-août. Ces danses sont rythmées de paroles connues dans tout le Japon : «C’est un fou qui danse et c’est un fou qui regarde ! Si les deux sont fous, autant s’amuser et danser !». Ces danses remontent à 1587, lorsque le seigneur Hachisuka Iemasa (1558-1638) offrit du saké à tous les habitants de la ville pour fêter la construction du château de Tokushima. Les citoyens devinrent alors si saouls qu’ils se mirent à danser malgré leur démarche tanguante.

Un spectacle construit sur l’audiovisuel avec du va-et-vient entre la scène et l’écran, mais on déplore que (à part la première vidéo qui a précédé l’entrée des danseurs) il n’y a pas de raccord entre ce qui est sur l’écran et ce qui se passe sur scène.

Ce spectacle aurait gagné également sur le plan de la puissance visuelle et nous aurait évité cette impression de monotonie, s’il y avait eu une scénographie bien travaillée   avec un décor et une écriture avec la lumière.

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