Plus de 20 mille imams, 600 prédicateurs et environ 300 fonctionnaires relevant tous du ministère des Affaires religieuses se trouvent aujourd’hui dans des situations de précarité et leurs doléances ne sont pas entendues. Ce qu’ils demandent, ce ne sont pas les quelques revendications d’ordre financier dont la majoration salariale, mais surtout la restructuration et la professionnalisation du métier.
Plusieurs cadres et imams de mosquée observent depuis lundi 8 juillet un  sit-in devant le ministère des Affaires religieuses en guise de protestation contre la marginalisation  de ce corps qui se trouve en première ligne contre le terrorisme et la radicalisation, a fait savoir le secrétaire général du syndicat général des Affaires religieuses relevant de l’Union générale tunisienne du travail, Abdessalem Atoui.
La mobilisation des cadres et imams des mosquées a été plus importante lundi 8 juillet avec la participation de plus d’un millier de personnes à la Place de la Kasbah à Tunis. Abdessalem Atoui évoque ce qu’il qualifie de tentatives de marginalisation de ce secteur qui est appelé pourtant à faire face à l’extrémisme religieux, au terrorisme, aux discours extrémistes et à jouer un rôle éducatif crucial par le biais des prêches du vendredi prônant la tolérance et la cohabitation entre les religions et les diverses idéologies.
Plus de 20 mille imams, 600 prédicateurs  et environ 300 fonctionnaires relevant tous du ministère des Affaires religieuses se trouvent aujourd’hui dans des situations de précarité et leurs doléances ne sont pas entendues. Ce qui prime, ce ne sont pas les quelques revendications d’ordre financier dont la majoration salariale, mais surtout la restructuration et la professionnalisation du métier.
Toutefois, les choses semblent plus compliquées qu’on le croit, car il ne s’agit pas de simples revendications récurrentes imposées par des pressions conjoncturelles en rapport avec la détérioration du pouvoir d’achat mais d’un problème plus grave qui doit être traité en profondeur. Comment appeler le ministère des Affaires religieuses à assumer pleinement son  rôle  de prévention contre le terrorisme, l’endoctrinement, le discours violent tout en omettant de l’appuyer sur le plan financier, souligne le chef du cabinet du ministre des Affaires religieuses, Hakim Amairi
Les cadres et imams de mosquée ne bénéficient pas d’une couverture de santé  et sont très mal payés. Environ 16 directions régionales relevant du ministère des Affaires religieuses ne sont pas équipées de voitures  et ce au moment où elles sont appelées à contrôler les discours takfiristes dans les mosquées, garantir la neutralité  des lieux de culte et éviter leur radicalisation, ajoute notre interlocuteur. Le représentant du ministère des Affaires  religieuses a regretté une allocation budgétaire limitée  qui n’est pas de nature à faciliter la tâche de son département. On place la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme au cœur de la politique du gouvernement sans pour autant doter le ministère des moyens financiers permettant de réaliser cet objectif.
L’imam permanent qui officie et donne les sermons du vendredi ne perçoit que 357 dinars (presque le Smig pour un régime de travail de 40 heures). Avec ce salaire, il ne peut même pas s’offrir une jebba tunisienne. Quel discours religieux  voulons-nous avec ce petit budget d’environ 1,5 million de dinars alloué à l’entretien et la gestion des mosquées dans les 24 gouvernorats?, se demande encore Hakim Amairi ?
Du côté des négociations, le dialogue est toujours établi entre les contestataires et le ministère des Affaires religieuses et une réunion entre  les différentes parties prenantes  au niveau ministériel est prévue pour les jours prochains, sur ordre du chef du gouvernement.

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