Entreprises citoyennes et transport : Les solutions sont à chercher ailleurs !

Après des tentatives vaines de nous imposer des modes de transport inadaptés à nos besoins et aux exigences modernes, notre pays serait mieux inspiré de parier, encore et toujours, sur le rail. Sans, toutefois, négliger les autres modes comme les bus ou les taxis.

Ce que nous venons d’apprendre, d’après une récente réunion (16 août 2023) au sein du ministère du Transport, n’a rien de prometteur. En effet, le ministre de tutelle a tenu une séance de travail au cours de laquelle il a examiné la question de créer ce qu’on appelle des entreprises citoyennes dans le domaine du transport des voyageurs.

Saturation

Il s’agissait d’étudier les différentes possibilités de lancer de tels projets et passer en revue les modalités pratiques et juridiques pour les mettre sur pied. En vérité, l’idée d’introduire de nouveaux-venus dans un secteur déjà en proie à la pagaille n’a rien à apporter. Elle ne fera que compliquer la tâche aux différents acteurs qui sont confrontés à de nombreuses difficultés.  Cela nous rappelle, à juste titre, les programmes prônés par le ministre du Transport dans le gouvernement de la Troïka en 2012 qui a voulu introduire les “tok tok”.

Ces triporteurs devaient, alors, envahir nos rues, enlaidir le paysage et le transformer en champ de bataille entre les propriétaires de taxis (individuels et collectifs) et ces nouveaux modes de transport. Du coup, nos rues ressembleraient à celles des pays les plus sous-développés.

Heureusement une levée de bouclier de la part des conducteurs de taxis et de l’opinion publique a permis d’éviter cette catastrophe. Il y a eu, aussi, l’expérience des taxis-scooter en 2019. Mais elle a fait long feu. Et, c’est tant mieux, encore une fois. Aujourd’hui, on cherche à adopter une autre voie. Nous aimerions rappeler qu’un secteur comme celui du transport public doit rester entre les mains de l’Etat. Il serait malvenu de le partager entre une infinité d’opérateurs privés (taxis individuels ou collectifs, louages, entreprises citoyennes et on en passe). Cette dispersion des efforts risque d’intensifier la pagaille dans le secteur et d’entraîner une concurrence déloyale voire anarchique.

Les professionnels du transport voient, déjà, d’un mauvais œil ces nouvelles initiatives qui lorgnent du côté d’un secteur éminemment stratégique. En premier, on pense aux taxis qui ne seront pas favorables à cette idée d’inonder le marché déjà saturé de nouvelles autorisations. Au lieu de se concentrer sur de tels projets, les responsables auraient mieux à faire en axant les efforts sur l’amélioration des conditions de transport (bus, métros et trains). L’application et la concrétisation des plans de développement sont une priorité.

S’il existe des difficultés c’est peut-être dans certaines régions de l’intérieur.

Et c’est là qu’il y aurait lieu de créer ces entreprises. Celles-ci, si elles venaient à naître, devraient se limiter à des périmètres bien étudiés et se plier à des obligations à définir de façon très stricte.

Ligne D du RFR:  le blocage perdure

Autrement, le ministère du Transport aura d’autres chats à fouetter. A commencer par la relance du projet de la ligne D du Rfr bloquée depuis plusieurs années. Ce blocage, qui a entraîné des pertes colossales et des préjudices incommensurables aux habitants de la banlieue Ouest de la capitale, va-t-il se perpétuer à l’infini ? On ne comprend pas pourquoi cette impuissance des autorités se poursuit. Pourtant, on sait que bien des choses ont changé.

Jusqu’à présent et depuis plus de 4 ans c’était le conseil municipal du Bardo (pour des raisons que chacun peut comprendre ou deviner) qui s’était, farouchement, opposé au passage de cette ligne par la ville. Aujourd’hui, ce conseil a été dissous, la mainmise de certains partis politiques influents  a été, logiquement, neutralisée, un travail de restauration de l’autorité de l’Etat est en cours, une nouvelle Assemblée des représentants du Peuple est en place, etc… Qu’attend-on pour agir et débloquer la situation ?

La mise en service de la ligne E reliant la station Barcelone à Bougatfa constitue le meilleur exemple de réussite du transport public moderne. Pourquoi ne pas valoriser cette expérience en se concentrant de façon plus efficace sur les obstacles et les entraves dressés contre la réalisation de l’autre grand projet de la ligne D ? Un comité de réflexion comprenant des habitants et des riverains de cette ligne ainsi que des représentants de la société civile et de députés de la région en plus des responsables politiques aiderait, peut-être, à se diriger vers une issue favorable. L’attentisme observé actuellement ne fait qu’empirer la situation. Ce dossier a besoin de décisions fortes, courageuses et énergiques.

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