Mes humeurs: Vive la rentrée

L’été fait déjà partie des souvenirs qu’on évoquera avec des émotions légères et une plume paresseuse. On entame lentement le gai ou triste passage de la rentrée scolaire.

Qu’éveille-t-elle de particulier en nous, la rentrée ? Des exaltations, des attendrissements et des frissons mélangés ; l’enfance remonte à la surface, cela va de soi, les bruines de septembre, les premiers vents tendres, la lumière désuète, les fruits de l’automne; il y en a même (j’en fais partie) ceux qui, se penchant sur leur passé, retrouvent le temps qu’il faisait pendant leur premier jour d’école, le tablier qu’ils portaient, le parent ou le grand frère qui les accompagnait, la cour et le préau, la classe, le premier instituteur rencontré et le tableau noir ; les chapitres des rentrées se suivent et ne se ressemblent pas, les maîtres d’école, les camarades non plus. Nostalgie heureuse qui me revient à chaque mois de septembre.

Ces derniers jours, il m’est arrivé de croiser des parents angoissés, tendus face à cette rentrée. Le sujet qui les tracasse ; le prix des fournitures scolaires et les effets annexes, les nouveaux sacs à dos, les baskets et autres vêtements. Ceci sans compter les hypothèses des interruptions de cours, les grèves des enseignants.

Devant le bureau du directeur d’une entreprise que je fréquente, une file d’employés s’allonge,  tous sans exception montrent une tête pas agréable à voir, tous attendent une réponse à leur demande d’avance sur salaire pour la rentrée scolaire.

Il y a peu d’années, j’ai rencontré un ancien ami, enseignant entré dans la profession avec un amour pour la transmission et une foi dans la mission de l’école, sa motivation s’est affaiblie avec la détérioration des conditions de travail,  sa fidélité à l’ordre à laquelle il s’accrochait s’est estompée  avec l’indiscipline, l’insouciance et la violence régnantes. Il renonça à convoquer l’intelligence de la pensée, le civisme, sa rigueur, sa fermeté ont calcifié son image d’un homme du passé,  archaïque. Il s’en est accommodé, et… amer, il attendait sa retraite imminente comme une délivrance. Il a conclu la discussion par un constat mortifère « de nos jours, l’école publique est un cadavre ».

L’ami enseignant est à la retraite, je l’ai perdu de vue,  les plaisirs du temps qui passe, les douceurs de l’automne (de la vie) ont-ils changé  son jugement radical ?

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