Les Fennecs sont en ébullition. Cœurs et esprits vibrent dans une folle ambiance à Alger, les fans sont en liesse du côté de la Canebière marseillaise, et une marée humaine envahit
les Champs-Élysées. Le football algérien est à son apogée!

Et de deux pour l’Algérie. 29 ans après, les Fennecs épinglent un second écusson continental à leur maillot. Djamel Belmadi peut forcément s’en satisfaire. Lui qui a taillé sur mesure une équipe d’anti-star aux antipodes de ce qui était proposé jusque-là.
L’Algérie en a rêvé, les Fennecs l’ont fait. En tête, dès les premières secondes de cette apothéose face au Sénégal grâce à un but heureux de Bounedjah, les Algériens ont su ensuite garder toute leur sérénité pour ne pas succomber au contre-coup de cette ouverture hâtive du score. Dominés et acculés par la suite, les coéquipiers de Mahrez n’ont pas cédé quand les Lions ont poussé. Touché mais pas coulé, tel est le scénario des trois-quarts du temps du match. Au final, les Fennecs sont champions d’Afrique, succédant ainsi aux Lions Indomptables du Cameroun.
Depuis que Ryad Mahrez a propulsé l’Algérie en finale, signant au passage un but somptueux face au Nigeria lors du « money-time» du dernier carré, les fans algériens y croyaient désormais dur comme fer. Touché du doigt, puis carré des yeux, le sacre tant attendu envahissait à l’envi les esprits algériens.
Discipline de fer, vélocité, rigueur, détermination et surtout application. Quand on y ajoute un brin de réussite, cela compose ce que l’on appelle un cocktail détonnant, les ingrédients de la réussite pour les hommes de Belmadi. La 32e CAN de l’histoire a vécu. Elle revient à une Algérie qui a fait un sans-faute durant ce tournoi atypique à plus d’un titre. Et même si l’Algérie n’a pas maîtrisé la rencontre face aux Lions de la Teranga, elle n’a non plus flanché physiquement, gardant toute sa lucidité pour repousser toutes les tentatives de Sadio Mané, Niang et autre Ndiaye.

L’Algérie, c’est du béton !
Volet faits saillants de cette finale qui n’a pas atteint des sommets sur le plan de l’intensité, c’est le Sénégal qui s’est montré entreprenant dès le coup d’envoi. Mais ce sont les Algériens qui vont décocher les premières flèches grâce à l’insaisissable Baghdad Bounedjah. Sané constate, Gomis observe médusé.
Après ce but instantané, les Algériens reculent d’un cran alors que le Sénégal tente désormais de torpiller le bloc adverse en guise de réponse. Les fusées sont lancées. Sadio Mané, Sarr et Saivet tentent de déverrouiller et transpercer les lignes adverses, mais l’Algérie, c’est du béton ! Jeu musclé, marquage de zone et quadrillage. Les Sénégalais sont pris dans la tenaille adverse et le temps file à toute allure ! Quand l’Algérie joue sa partition sans fausse note, le Sénégal va plus vite que la musique et déchante en fin de compte. En football, quand ça ne veut pas rentrer, il faut s’en remettre au talent pur. Sauf que si Niang a beau nous proposer un enchaînement de véritable virtuose, son missile va raser les poteaux au grand dam d’Aliou Cissé. Contrôle orienté et tir en pivot, en première intention. Du grand art! Mais l’Algérie mène toujours au tableau d’affichage. Avant la pause, les Lions se ruent vers l’avant et assiègent. Tel un « cheval de Troie », Sadio Mané, pourtant muselé, perce et enchaîne les crochets déroutants sans pour autant trouver la faille ou créer le surnombre.
L’Algérie était en état d’alerte maximum. Les sentinelles font le job, le milieu veille au grain, la défense reste intraitable, et même les attaquants reviennent au charbon. De retour des vestiaires, le second-half nous offre d’abord un tout autre match, plus débridé et bien moins cadenassé, mais l’imprécision fait défaut aux deux équipes. L’Algérie garde juste Bounedjah en électron libre offensif, alors que le Sénégal multiplie les dédoublements et les incursions. Ce qui devait arriver arriva. À l’heure de jeu, la VAR s’invite aux débats. Alioum Alioum désigne le point de penalty avant de revoir sa décision et s’en remettre à la technologie. Exit le penalty.
Le jeu reprend. Le Sénégal pousse et ce poison de Niang manque de peu l’égalisation après avoir effacé le gardien M’Bohli.
En passant, il a fallu attendre le dernier quart d’heure pour assister à la deuxième frappe algérienne de cette finale, signée Bennacer.
La fin du match est intense. Sarr tente la volée, en vain.
Aliou Cissé joue le tout pour le tout en faisant entrer ses dernières munitions. Mais la messe était dite. Les Fennecs s’offrent un second Grâal continental. 29 ans après ! L’Algérie est en ébullition.
Cœurs et esprits vibrent dans une folle ambiance, les fans sont en liesse du côté de la Canebière marseillaise, et une marée humaine envahit les Champs-Élysées. Le football algérien est à son apogée !

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