Selon Alaa Talbi du Ftdes, l’émission de 40.000 visas non déclarés et la clandestinité ont permis à près de 100.000 jeunes Tunisiens au total de débarquer en Italie depuis la révolution du jasmin.

D’après le rapport du Ftdes, 1.019 Tunisiens sont arrivés en Italie et en Espagne au cours de ce premier semestre 2019. Cette dernière étant une nouvelle route maritime pour la migration irrégulière de l’avis d’observateurs attitrés et qui prend de l’ampleur au fil des ans.
Ces chiffres ont été publiés lors d’une conférence de presse qui s’est tenue au siège du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux mardi 16 juillet afin de présenter les derniers rapports de l’observatoire social sur les mouvements sociaux, suicides et violences mais particulièrement la migration irrégulière. On s’est penché sur cette dernière avec M. Alaa Talbi, directeur exécutif du Ftdes qui a résumé les informations essentielles à retenir du rapport sur la migration irrégulière de la Tunisie vers les pays voisins, notamment l’Italie. Il dresse le bilan du premier semestre 2019 : «On constate l’arrivée de 594 Tunisiens en Italie, ce qui représente 21,4% de l’ensemble des migrants de divers pays d’origine. Ce chiffre est en baisse par rapport à 2018, mais il n’empêche que le contingent tunisien est le plus important à débarquer en Italie». Il décrit l’existence de nouvelles routes migratoires qui se sont solidement constituées ces dernières années, notamment vers l’Espagne. Il donne ses précisions : «Il y a 17% de Tunisiens qui arrivent à Melilla. 425 Tunisiens ont débarqué en Espagne en 2019 contre 528 au cours de la même période de 2018».

1.266 tentatives déjouées en 2019
Les tentatives déjouées représentent le double des migrants irréguliers arrivés en Italie (594 individus). La tendance s’inverse grâce à la traque de la Garde maritime. Pour autant, les départs ne cessent de se disperser.
Les points de départ importants sont Sfax, Djbeniana et le port de La Goulette. Talbi s’emporte : «On ne comprend pas pourquoi on a 14% de départ des migrants qui se font à partir du port de La Goulette alors qu’il est censé être contrôle et sécurisé ! On ne retrouve plus Kerkennah en 2019 comme point de départ, alors que l’an dernier, elle était encore concernée par le flux de migrants vers l’étranger. Ils sont désormais concentrés sur Tunis ou Mahdia».

Chiffres clés
25.542 individus ont été bloqués en Tunisie ou refoulés depuis 2011 dont 1.266 cas en milieu d’année 2019.
Dans ce contexte, Talbi a précisé que 1.266 opérations de migration irrégulière par voie maritime ont été déjouées durant le premier semestre de 2019. Ce rapport révèle qu’environ 1.019 Tunisiens sont arrivés en Italie et en Espagne. Dans l’autre sens, 1.008 migrants essentiellement des Subshariens et des Syriens sont arrivés en Tunisie durant la même période. La Tunisie occupe la première place au niveau du nombre de migrants irréguliers arrivés en Italie (594) suivie du Pakistan (426) et de l’Algérie (271). Le nombre de migrants irréguliers arrivés en Italie a connu une baisse importante en 2019 étant donné qu’il était de 6.006 migrants durant la même période de 2018.
Il a, par ailleurs, ajouté que le nombre de disparus au cours de cette même période est de 423 personnes et le nombre total de Tunisiens rapatriés d’Italie en 2018 était de 2.323. Un chiffre en progression constante étant donné qu’il était de 1.002 individus refoulés en 2015, 1.268 en 2016 et 2.237 en 2017. Concernant les opérations de franchissement illégal des frontières par voie terrestre, Talbi a signalé qu’elles ont augmenté remarquablement atteignant 301 opérations alors qu’elles n’étaient que 105 opérations, au premier semestre de 2018 et le nombre de migrants irréguliers n’a pas dépassé 417 cas. M. Alaa Talbi affirme par ailleurs que la migration irrégulière est devenue une migration familiale puisqu’on identifie des hommes en grande majorité à 72% du total, des femmes et des mineurs à raison de 28%. Il termine avec cette remarque : «Le projet migratoire n’est plus un projet individuel mais un projet de famille». De l’aveu de Talbi, le partenariat avec l’Italie depuis 2017 est en train de donner des résultats tangibles, ce qui contredit les propos des autorités italiennes constamment en état d’alerte.

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