Zoomactu | Stress hydrique : Des actions ciblées pour parer à l’urgence

 

Le stress hydrique, ce phénomène d’ampleur planétaire, demeure préoccupant en Tunisie, en dépit de la stratégie mise en place et des efforts fournis en vue de trouver des solutions immédiates à moyen et long termes pour renforcer la sécurité hydrique du pays. Le manque de pluviométrie automnale inquiète de plus en plus, pouvant perturber l’année agricole en cours, notamment pour certaines cultures annuelles stratégiques, grandes consommatrices d’eau. C’est pourquoi, il est urgent de mettre en place des techniques modernes d’utilisation d’eau dans le secteur agricole.

Encore une fois, des mesures proactives et urgentes doivent être prises pour faire face à la crise du stress hydrique que connaît le pays. La ressource hydrique devient une arme dans la géopolitique et la sécurité alimentaire pour de nombreux pays dépendants des importations des produits agricoles de première nécessité.

La situation hydrique au niveau mondial est alarmante. Les institutions internationales ne cessent d’alerter quant à la menace à laquelle sont confrontés les pays du globe. Les rapports fusent de toute part pour mettre l’accent sur le danger imminent quant à une véritable pénurie d’eau. Un récent rapport confirme les constats établis auparavant.

Le World Resources Institute (WRI), dans sa dernière publication, indique que 25 pays, hébergeant un quart de la population mondiale, sont confrontés annuellement à un stress hydrique extrême. Il s’agit du Bahreïn, Chypre, Koweït, Liban, Oman, Qatar, les Emirats arabes unis, l’Arabie saoudite, l’Egypte, la Libye, le Yémen, Botswana, l’Iran, Jordanie, Chili, Belgique, la Grèce, la Tunisie, la Namibie, l’Afrique du Sud, l’Iraq, l’Inde et la Syrie. Ces pays épuisent presque régulièrement leurs réserves d’eau. De même, au moins 50% de la population mondiale, soit environ 4 milliards de personnes, vit dans des conditions de stress hydrique extrême pendant au moins un mois par an.

«Vivre avec un tel niveau de stress hydrique met en danger la vie, l’emploi, la sécurité alimentaire et énergétique des personnes. L’eau est essentielle à la culture et à l’élevage du bétail, à la production d’électricité, au maintien de la santé humaine, à la promotion de sociétés équitables et à la réalisation des objectifs climatiques mondiaux», précise-t-on dans ce rapport. Et d’indiquer que «sans une meilleure gestion de l’eau, la croissance démographique, le développement économique et le changement climatique risquent d’aggraver le stress hydrique». Se référant toujours audit rapport, la demande en eau dépasse ce qui est disponible à l’échelle mondiale. Elle a plus que doublé depuis 1960. Les régions les plus touchées par le stress hydrique sont le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, où 83% de la population est exposée à un stress hydrique extrêmement élevé et l’Asie du Sud où 74% de la population y est sous la même menace.

D’ici 2050, un milliard de personnes supplémentaires devraient vivre avec un stress hydrique extrêmement élevé, même si le monde limite l’augmentation de la température mondiale de 1,3°C à 2,4°C d’ici 2100, un scénario optimiste.

Le dessalement de l’eau de mer et la réutilisation de l’eau usée, deux alternatives à même de résoudre le problème des pénuries d’eau. C’est pour cela que des actions pour économiser cette ressource doivent être menées. La situation que connaît actuellement la Tunisie incite les pouvoirs publics à réfléchir et à proposer de nouveaux procédés de production d’eau douce non seulement pour sécuriser l’approvisionnement des différents acteurs de l’activité économique mais aussi et surtout pour accommoder l’approche de l’eau avec la réalité du terrain, face à la fois à la pression de l’activité humaine et du dérèglement climatique.

Le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche a décidé, en effet, de proroger la décision en date du 29 mars 2023, relative à l’instauration d’un système de quota conjoncturel et l’interdiction de certains usages de l’eau, jusqu’à nouvel ordre.

Selon une décision du ministre de l’Agriculture en date du 28 septembre 2023, cette prolongation du rationnement de l’eau résulte de la succession des années de sécheresse et de la faiblesse des apports en eau dans les barrages, ce qui a impacté négativement les réserves d’eau ayant baissé à un niveau sans précédent, mais aussi l’alimentation des nappes souterraines dont le niveau a fortement régressé.

Il est à noter que le taux général de remplissage des barrages s’est situé à 27,3% au 14 septembre 2023, avec des taux de l’ordre de 32%, au nord, 11,3%, au centre et 6,8% au Cap-Bon, selon l’Observatoire national de l’agriculture (Onagri).

Faut-il rappeler que le ministère de tutelle avait interdit, le 31 mars 2023, l’utilisation de l’eau potable, distribuée par la Sonede, pour l’agriculture, l’irrigation de zones vertes, le nettoyage des rues et des endroits publics et le lavage des véhicules.

Il est à souligner que la Sonede prévoit, dans son plan d’action, la réalisation de stations de dessalement des eaux souterraines salées et de mer dans certaines régions pour répondre à 30% des besoins en eau d’ici 2026, outre les grands projets lancés par le ministère de l’Agriculture, dont le coût est estimé à 7.027 millions de dinars, visant à renforcer l’accès à l’eau potable dans les milieux urbain et rural et fournir l’eau d’irrigation.

D’autre part, le ministère poursuit actuellement la création de projets de mobilisation de ressources en eaux conventionnelles dont la programmation de quatre barrages dotés d’une capacité de 230 millions m3, qui seront situés à Siliana, Béja et Jendouba.

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