Situés à l’entrée du salon dans un grand espace d’accueil, les centres universitaires publics ont gagné leur pari sur la poignée de stands privés dispersés au deuxième étage.
Le salon de l’orientation universitaire a démarré jeudi 10 juillet 2019 à la Cité de Sciences de Tunis pour se poursuivre durant trois jours. Il aura permis d’orienter les étudiants tunisiens et étrangers venus en masse à l’approche de la rentrée universitaire 2019-2020. De nombreuses universités majoritairement de Tunis mais aussi d’autres gouvernorats de la république se sont manifestées à travers des stands d’accueil pour divulguer des informations et des conseils sur le programme et les modalités d’inscriptions.

Les universités de Tunis, Manar, Carthage, Sousse, Monastir ou Sfax ont connu un certain succès au deuxième jour du salon le vendredi 19 juillet. Tandis que d’autres centres universitaires moins connus du grand public et moins réputés auprès des étudiants de la capitale ont connu un rythme différent. Le stand de l’université de Jendouba a été complètement déserté vers midi malgré une mobilisation sur place. Créée en 2003 suite à un décret gouvernemental en vue de décentraliser la connaissance et la technologie, elle tarde à faire ses marques sur le terrain. Pourtant elle couvre quatre villes du Nord-Ouest comme Jendouba, Béja, Kef et Siliana et compte treize établissements de disciplines diverses et variées.

Une école des arts et métiers est présente à Siliana et distribue des prospectus aux étudiants intéressés. La Cité des sciences qui a accueilli avec faste l’événement national avec le concours du ministère de l’Enseignement supérieur et l’Education nationale et d’autres acteurs du domaine universitaire et de la recherche scientifique a communiqué un bref compte-rendu sur sa page facebook. A l’ouverture du salon présidé conjointement par les ministres de l’Enseignement supérieur et de l’Education nationale, la mobilisation était importante. A la salle des conférences Ibn-Khaldoun, les enseignants universitaires se sont relayés pour prodiguer des conseils avertis aux étudiants afin de réussir leur choix méthodiquement.

Les salles attenantes ont abrité des activités à visée culturelle et scientifique en marge du Forum National de l’Etudiant. Mais la plus grande concentration de monde, composée en majorité de jeunes étudiants, était visible au hall d’exposition des stands des différents centres universitaires tunisiens. Au hall d’entrée, les structures étatiques ont drainé bien plus de monde que celles de la filière privée situées au niveau dessus. Les disciplines proposées vont du paramédical au droit, gestion, journalisme mais aussi le domaine purement économique et le management des affaires. Les coûts d’inscription et les frais des études relativement bas pratiqués dans la filière publique par rapport à son pendant du privé continuent d’attirer les étudiants qui ont des moyens financiers modestes ou issus des régions de l’intérieur du pays.

Attractions et curiosités du salon

La présence de nombreux écrans numériques pour l’enregistrement des étudiants mobilisés, les didacticiels pour être informés en continu, les bornes interactives et les écrans pour les flux vidéo ont constitué un atout pour la réussite du salon et son attractivité. Les jeunes étudiants n’ont pas manqué de s’employer de belle manière pour utiliser les canaux digitaux mis à leur disposition. L’université de Monastir a synthétisé sur écran les centres dont elle dispose, notamment la faculté de médecine et de pharmacie et les laboratoires de recherche associés. Juste en face, un stand qui accueille les futurs étudiants de l’Institut supérieur des cadres de l’enfance relevant de l’université de Carthage a suscité notre curiosité. Au moment même où cette problématique de l’enfance est sujette à controverse, on a voulu connaître l’étendue du cursus et à qui il s’adresse notamment. Si l’institut n’est pas tout récent (datant des années 2000), «la licence sur la petite enfance et éducation de l’enfance » qui y est dispensée est nouvelle de l’avis de Mme Rym El Abdi, directrice des études de l’Isce.

Le centre s’est spécialisé dans la petite enfance. Un test d’admission sera pratiqué durant la deuxième semaine d’août avec un test psychotechnique et de langues français et anglais. Il est destiné aux bacheliers orientés vers l’institut à l’exclusion de ceux du bac technique, les étudiants déclarés admis aux concours de réorientation et ceux désirant avoir une deuxième licence. Au sujet du cursus, la première année est un tronc commun entre la petite enfance et l’enfance en général avant l’obtention de la licence au cours de la deuxième année d’étude.

Seul bémol, la capacité du centre n’est pas très importante. Elle est limitée à cent-cinquante éléments qui deviendront des cadres éducateurs spécialisés dans la petite enfance et la protection de l’enfance. Ils seront spécifiquement embauchés dans les structures rattachées à l’enfance, jardins d’enfants, les clubs pour enfants… Elle termine en précisant : «La nouveauté réside dans la spécialisation du domaine de la petite enfance». Une brochure décrit le programme sous le slogan suivant : «Un tremplin pour le monde professionnel ou une poursuite des études, un programme en partenariat avec Paris 13». Seulement une cinquantaine d’inscrits seront retenus cette année. Du coup la panacée c’est la filière informatique pour la majorité des étudiants qui affluent sur les stands dédiés aux cursus estudiantins en informatique.

L’informatique, très prisée

La fuite des cerveaux en Tunisie qui a majoritairement concerné les ingénieurs de la branche informatique et les médecins n’est pas passé inaperçue et continue d’avoir des répercussions en milieu universitaire et sur le marché du travail. Elle permet de mettre en évidence l’intérêt grandissant des Tunisiens qui ont acquis le bac sciences expérimentales ou technique de choisir volontairement des études en programmation, langage informatique et toutes les disciplines connexes. L’Institut supérieur informatique qui siège au campus universitaire d’El Manar a mobilisé beaucoup de jeunes étudiants venus s’enquérir des possibilités qui leur sont offertes par cette discipline et tracer leur avenir professionnel. Les formations diplômantes concernent les licences appliquées pour les programmes et logiciels et les licences fondamentales sont dispensées pour acquérir les sciences de l’informatique. Les études d’ingénieur y sont également proposées. Un groupe d’étudiants qui compte poursuivre un master à l’ISI cherche à connaître les possibilités notamment en termes d’équivalence à l’embauche avec le système LMD Licence-Master-Doctorat.

Une cellule d’aide psychologique pour étudiants destinés aux inscrits à l’Université de Carthage, qui souhaitent être écoutés, soutenus, accompagnés, ou être pris en charge, a été mise à leur disposition. Elle existe depuis plus de vingt ans pour faire passer le cap de l’adolescence à l’université de l’étudiant.

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