Cité des Sciences | «Performance des universités tunisiennes dans le classement mondial» : Comment développer l’excellence des universités tunisiennes ?

 

Pour améliorer l’attractivité et accroître le potentiel des universités tunisiennes, il faut faire davantage. La Tunisie doit avancer plus rapidement dans la recherche scientifique, pour obtenir un meilleur classement sur la performance des universités et plus significatif à l’échelle internationale. De nouveaux horizons et une stratégie nationale doivent naître et émerger incessamment.

Un workshop a été présenté hier matin, à la Cité des sciences à Tunis, en présence du directeur général de cette institution scientifique, le Pr. Fethi Zagrouba, et d’éminents chercheurs scientifiques et universitaires tunisiens et du monde arabe. Il s’agit de débattre sur les derniers résultats et classements des universités tunisiennes et des mesures à prendre pour améliorer leurs indicateurs de performance et d’attractivité P. Henda El Fekih, professeure en mathématiques appliquées à l’Université Tunis El Manar et à l’Ecole nationale d’ingénieurs de Tunis, s’est intéressée au «Ranking», c’est-à-dire. le classement depuis qu’elle était vice-présidente à l’Université Tunis El Manar chargée de la coopération internationale. «Les universités tunisiennes n’étaient pas intégrées dans le classement mondial avant 2014, non pas à cause d’un manque de moyens mais parce que les bases de données utilisées ne comportaient pas des indications bibliographiques justes et fiables. Parce que le chercheur n’était pas intégré dans la société tunisienne, mais seulement rattaché à son entreprise». Après cela, les choses sont remises à l’ordre avec l’intégration dans les rankings depuis 2014 d’abord à l’US news, en 2017 avec THE, en 2018 Shanghai (Chine) et en 2022 avec QS.

Huit universités dans le Top 1.000 mondial de THE

La Tunisie s’améliore et perce progressivement dans les différents classements mondiaux. Ainsi, on est passé notamment de deux universités tunisiennes classées en 2014 dans le Top 1.000 mondial, à 8 universités en 2017 avec THE (Times Higher Education). Il faut savoir que seulement 1.500 universités sont classées parmi 20.000 dans le monde, chaque année.

Ce qui constitue une prouesse au vu des moyens dont disposent les chercheurs tunisiens, acceptables mais qu’il faut renforcer. Il faut faire en sorte que «nos chercheurs soient cités par les autres universités». Il n’est pas primordial de publier plus, mais il faut avoir un impact et une résonance plus importants. C’est ce que précise la Pr Fekih dans son argumentaire : «Ce n’est pas parce que vous publiez plus que vous avez un meilleur classement, rien qu’à voir le cas de l’université de Sousse par rapport à celle de La Manouba. En outre, l’Université de Carthage a le meilleur taux de collaboration».

Une recherche scientifique qui a de l’impact, une publication dans les meilleures revues la coopération internationale qu’il faut aussi encourager sont tous des objectifs à atteindre pour «que les chercheurs aient des moyens pour collaborer avec leurs homologues à l’échelle internationale». Les universités tunisiennes qui se distinguent le plus sont celles de Tunis, Tunis El Manar, Carthage, La Manouba, Sousse, Sfax, Monastir et Gabès.

Les performances obtenues ne sont pas satisfaisantes

L’exposé de la Pr Henda Fekih sur l’évolution des universités tunisiennes dans les classements internationaux a attiré l’attention de l’assistance par sa consistance et sa teneur significative. Elle a déclaré dans son intervention qu’«avant 2014 aucune université tunisienne n’était classée et c’est bien la première fois qu’on accède aux classements internationaux. Les données des universités ont pu être corrigées et rectifiées, c’est ainsi qu’on a pu accéder régulièrement au classement mondial des différents organismes internationaux»

Dr Jilani Lamloumi, directeur général de l’enseignement supérieur, reconnaît que les performances obtenues ne sont pas satisfaisantes, mais il y a une forme de compréhension puisque ce n’est que depuis 2014 que les choses ont commencé  à s’améliorer à ce niveau. L’universitaire tunisien a résumé les obstacles en matière de recherche scientifique : «Je préconise une politique nationale et une stratégie, mais la recherche scientifique n’est pas la priorité des pouvoirs publics. On doit pourtant revoir toute la politique à ce niveau». Il regrette que la Tunisie soit encore loin de ce qui se pratique en Corée du Sud en matière de recherche scientifique. Mais la présence d’éminents experts a permis de signaler les défaillances et les correctifs à apporter en vue d’améliorer les indicateurs de performances, au vu du fort potentiel des universités tunisiennes. Pr H. Fekih rappelle qu’il y a un problème de moyens pour “obtenir des résultats comme ceux des EAU, l’Arabie saoudite et la Corée du Sud. Depuis 1996, il y a une stratégie et une volonté et il faut rendre hommage aux chercheurs scientifiques qui fournissent des efforts pour obtenir des résultats tangibles même si le développement se fait attendre avec le manque de moyens qui restent assez dérisoires. «On avance, mais lentement», termine Pr Henda Fekih.

«Le meilleur moment pour faire des changements, c’était il y a 10 ans mais moi je dis le meilleur moment c’est aujourd’hui» a terminé sur une note d’optimisme la première partie l’expert égyptien Rami Awad, manager de QS pour la région Mena, au cours de sa présentation, qui a fait notamment un comparatif régional arabo-méditerranéen entre la Tunisie, la Jordanie et l’Egypte et donné un aperçu au niveau des indicateurs de performances universitaires. Il a présenté un aperçu explicite qui résume à lui seul les indicateurs de performances pour le classement mondial intitulé «World ranking university indications».

Ainsi, 30% du total est déterminé par la réputation académique de l’université, 15% par celle de l’employeur, 10% par le ratio des facultés de l’étudiant, 5% par sa durabilité.  20% par les citations par facultés et 5% par l’impact sur l’emploi, et d’autres pourcentages plus réduits sur les ratios internationaux des facultés et des étudiants…  Aux étudiants émérites et chercheurs tunisiens de relever de nouveaux challenges sur la scène nationale et internationale afin de niveler vers le haut les indicateurs de performances des universités tunisiennes et améliorer leur classement.

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