Huile d’olive:  Un produit du terroir qui vaut de l’or

Pour la saison en cours, les pronostics donnent à lire une baisse de la production nationale s’agissant de l’huile d’olive pour aller au-dessous de 180.000 t.

Pour remédier à cette embûche, il faut néanmoins miser sur le bon marketing pour mieux faire voyager ce produit du terroir qui peut doper les recettes d’une économie nationale en berne.

D’ailleurs, ces dernières années, l’Italie est devenue la première destination des exportations tunisiennes d’huile d’olive biologique, selon l’Observatoire national de l’agriculture (Onagri).

Le volume des exportations tunisiennes d’huile d’olive biologique a atteint 41 300 t à la fin du mois de mai 2023, pour une valeur d’environ 719,8 millions de dinars (215 millions d’euros). La production biologique en 2021 a dépassé 105 000 t, soit 44 % de la production du pays.

L’Italie était la destination de la majorité des exportations d’huile d’olive biologique (52,5 %), suivie de l’Espagne (36,3 %) et de la France (7,9 %).

Depuis le début de la campagne 2022/23, les exportations totales d’huile d’olive de Tunisie ont augmenté de 36,9 % pour atteindre environ 2,1 milliards de dinars (620 millions d’euros). L’huile d’olive extra-vierge a représenté 89 % du volume total exporté.

Hausse de la demande mondiale

La demande d’huile d’olive biologique a augmenté au niveau mondial. Le marché devrait atteindre 2,2 milliards de dollars d’ici 2031, avec une croissance annuelle de près de 9 %.

Bien que l’Italie soit le deuxième exportateur mondial d’huile d’olive, pour répondre à ses exigences contractuelles et à la demande intérieure, de nombreux grands embouteilleurs achètent de l’huile d’olive à la Tunisie, dont les exportations biologiques constituent une part importante de la production.

Selon les données de l’Institut italien des services pour le marché agricole et alimentaire (Ismea), l’Italie a importé 128 658 t d’huile d’olive vierge et extra-vierge entre janvier et avril 2023, dernier mois pour lequel des données sont disponibles. Sur ce total, les données de l’Ismea montrent que 10,078 tonnes provenaient de Tunisie.

« La vision à long terme du marché prévoit que la Tunisie joue un rôle de plus en plus important dans l’huile d’olive extra-vierge en bouteille, à valeur ajoutée et biologique sur le marché international », a récemment déclaré Lisa Paglietti, économiste à l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture.

Un accord de 2016 exempte les 56 700 premières tonnes d’huile d’olive exportées de Tunisie vers l’UE du tarif habituel de 124,50 euros par 100 kilogrammes.

Savoir jouer dans la cour des puissants

Par conséquent, les grandes sociétés de mélange d’huile d’olive d’Espagne, d’Italie, de France, de Belgique et du Portugal préfèrent les importations tunisiennes à celles d’autres grands producteurs non européens.

Selon les dernières données, l’Europe a importé 77 % de l’huile d’olive tunisienne, suivie de l’Amérique du Nord (16 %) et de l’Afrique (5 %) en 2022.

Alors que la Tunisie est traditionnellement connue comme un exportateur d’huile d’olive en vrac, avec des entreprises européennes qui mélangent et conditionnent l’huile d’olive pour la réexporter, les responsables du pays tentent de changer cette situation.

Chihab Ben Slama, président de la Chambre tunisienne des exportateurs d’huile d’olive, a déclaré que le pays vise à atteindre 70 000 t métriques d’exportations d’huile d’olive emballée individuellement d’ici 2025.

La stratégie du ministère prévoit également de restructurer le mode de gouvernance du secteur, d’investir dans les moulins pour améliorer la qualité, d’augmenter les fonds pour améliorer les programmes de recherche scientifique et de créer des partenariats avec le secteur privé pour développer une base de données analytique.

Selon l’Office national de l’huile d’olive (ONH) de Tunisie, investir dans la qualité est le meilleur moyen d’améliorer la situation économique des producteurs et de rendre le secteur durable à long terme.

L’organisation estime que l’accent mis sur la qualité facilitera l’augmentation des exportations d’huile d’olive conditionnée individuellement, qui sont beaucoup plus rentables pour les producteurs que les exportations traditionnelles en vrac auxquelles le pays est associé.

Stratégie du ministère de tutelle

pour booster le secteur

Dans sa stratégie, le ministère de l’Agriculture prévoit de développer les exportations d’huile d’olive tunisienne. Environ 95 % des exportations tunisiennes d’huile d’olive sont destinées à l’Europe et aux Etats-Unis. Toutefois, le ministère se tourne à présent vers l’Est pour développer des liens plus étroits avec le Japon, la Chine, l’Inde et les pays africains.

Les efforts déployés par le gouvernement et les producteurs ont déjà commencé à porter leurs fruits. Le mois dernier, les responsables tunisiens du commerce ont annoncé que le pays augmenterait ses exportations vers la Corée du Sud, qui est le douzième importateur mondial d’huile d’olive.

Selon l’Observatoire national de l’agriculture de Tunisie (Onagri), le pays est également bien placé pour exploiter le marché croissant de l’huile d’olive biologique, le montant des exportations biologiques atteignant environ la moitié de la production annuelle totale du pays.

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