Conquête du marché africain | Partenariats diversifiés et féconds

 

La Tunisie, comme d’autres pays d’Afrique du Nord, a, depuis longtemps, choisi un modèle d’ouverture aux pays africains. Cette ouverture a été confirmée par les nombreux accords de libre-échange signés avec le continent africain au cours de la dernière décennie. L’amélioration de ces relations est l’un des leviers importants pour développer la compétitivité économique de la Tunisie et renforcer sa position au niveau international, et nécessite la mise en œuvre de nouvelles stratégies répondant aux exigences de l’environnement international.

La Tunisie a toujours accordé une importance primordiale au développement de ses relations avec ses confrères africains à travers la consolidation de ses relations politiques et l’établissement de partenariats diversifiés et féconds, fidèle en cela aux liens historiques profonds qu’elle entretient avec ces pays. Elle n’a cessé de réaffirmer son identité africaine en plaçant le continent au cœur de ses choix stratégiques.

L’Afrique se développe aujourd’hui et progresse à grands pas, malgré une surévaluation excessive du coût du risque qui entrave sévèrement le financement de ses entreprises. Le XXIe siècle sera certainement le sien, en termes de croissance, tant son retard a été grand malgré l’immensité de ses ressources naturelles. La prise de conscience politique de son potentiel de développement s’exprime nettement aujourd’hui et son marché est particulièrement convoité.

Agenda 2063 : cinq résultats clés

La Tunisie est ancrée en Afrique. Elle est commercialement méditerranéenne, mais son avenir économique ne peut faire abstraction de celui des pays sub-sahariens. D’après  les Nations unies, sa croissance atteindra les 7% dans les décennies à venir, ce qui sera de nature à attirer les investissements.

Les opportunités existent dans différents secteurs de l’agriculture, de l’énergie, de la santé, de l’industrie légère, de la logistique et du numérique malgré certaines menaces : Flambée des prix, changement climatique, risques politiques, durcissement des conditions financières mondiales.

Des mesures urgentes s’imposent, de ce fait, ayant trait à la politique monétaire, au commerce intraafricain, à la gouvernance institutionnelle et au déficit budgétaire structurel. D’après le Forum Ibn Khaldoun pour le développement, il s’agira, de même, de « faire face à l’insécurité alimentaire, d’instaurer des filets sociaux pour la population démunie, de renforcer la formation des capacités et de financer les PME pour créer des emplois ».

C’est ainsi que l’Agenda 2063 s’est fixé comme objectifs 5 résultats clés transformationnels,à savoir : l’amélioration du niveau de vie, l’inclusion économique et la durabilité, l’intégration de l’Afrique, l’autonomisation des femmes et de la jeunesse, la bonne gouvernance d’une Afrique pacifique. Les projets phares concerneront le réseau TGV, les produits de base, la Zleca, la libre-circulation des personnes, le marché unique du transport aérien, le forum économique, les institutions financières africaines, le réseau panafricain des services en ligne, l’université virtuelle en ligne ainsi que la cyber-sécurité.

Certaines mesures ont, d’ores et déjà, été prises dans le cadre des grands programmes transnationaux, tels que l’alliance pour la sécurité alimentaire, le fonds pour l’acquisition des vaccins, la Zlecaf, l’alliance pour le Sahel, l’initiative pour la Corne de l’Afrique, l’initiative économie numérique pour l’Afrique.

Echanges commerciaux

Les relations économiques entre la Tunisie et l’Afrique se développent positivement. A fin août 2023, les échanges commerciaux entre la Tunisie et les pays africains ont atteint 9.608,9 millions de dinars contre 7.697,7 millions de dinars au cours des huit premiers mois de l’année 2022, soit une augmentation d’environ 25%.

Les importations tunisiennes en provenance de pays africains se sont établies à 5.394,8 millions de dinars, alors que les exportations de la Tunisie vers les pays africains ont atteint 4.214,1 millions de dinars.

Le volume des échanges commerciaux de la Tunisie avec les pays d’Afrique subsaharienne atteint seulement 1.412,3 millions de dinars, soit 14,7% du total de ses échanges avec tous les pays d’Afrique.

C’est dire que la Tunisie a commencé à amorcer une réelle dynamique d’implication, d’ouverture et d’investissement vers le continent africain. De nombreuses initiatives sont en cours, de nombreuses avancées ont été effectuées et la situation progresse globalement. Mais elle ne peut pas encore être réellement un acteur incontournable de la scène africaine, car elle n’est pas encore une puissance économique régionale,  elle n’a pas encore les moyens de ses ambitions et elle ne peut réussir en quelques années des projets qui prendront des décennies à porter leurs fruits.

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