Les gens ne meurent jamais vraiment. Ils meurent que de l’oubli des autres

Jamais le peuple tunisien ne vous oubliera. Jamais la Tunisie ne vous oubliera. Jamais je ne vous oublierai, Monsieur le Président…Vous êtes l’héritage de Bourguiba, notre monument historique.
Je porte en moi la fierté, la richesse de vous avoir connu, rencontré, de vous avoir accompagné de ma modeste présence et soutenu au moment où notre belle Tunisie a eu besoin d’un guide. Dans sa convalescence dans les années de plomb où le fondamentalisme, l’extrémisme et l’opportunisme frappaient à nos portes.
Vous étiez un rempart. Par votre esprit d’ouverture, de rassembleur, par votre humanisme, votre intelligence politique, vous avez gagné, mais ce fut rude.
Toutes les Tunisiennes et tous les Tunisiens se sont alors unis pour vous et autour de vous. Plus d’un million de femmes vous ont soutenu. Justement parce que vous aviez l’esprit et la clairvoyance de Bourguiba dans sa luminosité politique : l’école et l’éducation pour tous, les hôpitaux et les soins pour tous, la promulgation du droit des femmes.
Bien sûr, nous aurons une pensée pour vous quand on les célébrera le 13 août prochain, jour de la fête de la Femme et de la Famille.
Vous êtes allé très loin. Vous avez réussi là où même Bourguiba a quelque peu hésité : l’héritage, l’égalité homme/femme, la vraie justice sociale, le vrai progrès.
Bourguiba a dit un jour : « Les réformes et tout ce que j’ai entrepris pour la Tunisie c’est du solide – cela me survivra ». Il avait raison.
Lors d’un dîner très restreint, Monsieur le président, vous étiez venu à Ksar Hellal. Nous avions parlé de toutes ces réformes avec Moncef Felli, notre ami commun. Nous avions également évoqué le discours du 2 mars 1934.
Croyez-moi : on barrera la route à tous ceux qui veulent briser la Tunisie.
Je n’oublierai jamais non plus un meeting chez moi, à Djerba, alors que nous installions la démocratie… Vous n’étiez toujours pas Président, ni même Premier ministre… On a été empêchés de faire ce meeting et on en a rigolé après. Ces moments sont gravés en moi.
Et aussi quel honneur quand vous nous avez reçus, il n’y a pas si longtemps, dans le salon d’honneur au Palais Présidentiel, à Carthage, avec notre ami boxeur, Moez Fhima, devenu champion d’Afrique et champion du monde.
Monsieur le Président, vous pouvez partir en paix. Les Tunisiennes et les Tunisiens de bonne volonté prendront la relève sans dilapider votre précieux héritage.
Nous, Tunisiennes et Tunisiens vivant à l’étranger, aux côtés de nos compatriotes, nous serons toujours vigilants pour perpétuer l’héritage Bourguiba- Essebsi.
Partez en paix. Reposez en paix, Monsieur le Président. N’est-ce pas un signe que Dieu, le Tout Puissant, vous ait rappelé à lui, ce 25 juillet, date anniversaire de notre République.
Qu’il vous accorde Son infinie miséricorde et vous accueille dans Son éternel Paradis.
Nous nous retrouverons un jour ou l’autre, Inchallah, si Dieu le veut.
Vive notre belle Tunisie
Vive la République
Vive le peuple tunisien
*Président de l’Association Carthage

Azdine BEN YACOUB(*)

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