Territoires occupés : L’enfer à Gaza ou l’autre « banalité du mal »

 

• Borell : « Le niveau de destruction des immeubles à Gaza est supérieur à celui des villes allemandes pendant la Seconde Guerre mondiale !… »
• Sans passer par le Congrès, le gouvernement US vend 14 mille obus de roquettes à Israël

La situation empire de jour en jour dans la Bande de Gaza. L’aviation et les blindés israéliens continuent de pilonner sans relâche et sans discernement aucun, les populations civiles palestiniennes dont les enfants, les femmes et les personnes âgées.

Tous les mots ne suffisent plus décrire « l’enfer sur terre ». Une situation « dramatique, tragique, insoutenable, apocalyptique », et on en passe…

C’est ce qui a conduit Josep Borrell, Haut représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité à faire cette déclaration terrifiante :

« Malheureusement, le niveau de destruction des immeubles à Gaza est plus ou moins, voire supérieur aux destructions dont ont souffert les villes allemandes pendant la Seconde Guerre mondiale», a-t-il affirmé, à l’issue d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne à Bruxelles et repris par la majorité des médias à travers le monde.

Les refuges saturés

De leur côté, des pays de l’Union européenne ont demandé à Bruxelles d’agir en faveur d’une trêve durable à Gaza, et mettre fin au carnage en cours. «Il faudrait un cessez-le-feu immédiat, humanitaire et durable, pouvant conduire à une fin des hostilités», ont réclamé les dirigeants irlandais, espagnol, maltais et belge, en marge d’une réunion ministérielle à Bruxelles.

Ce qui n’est pas l’avis des Etats-Unis d’Amérique qui, après avoir opposé leur véto à une résolution du Conseil de sécurité au sujet d’un cessez-le-feu, ont approuvé, « d’urgence » et sans passer par le Congrès, une vente de près de quatorze mille obus de chars à Israël. Du matériel d’une valeur de 106,5 millions de dollars qui pourra équiper les chars de combat Merkava engagés dans l’agression contre la Bande de Gaza.

En ces mêmes moments,  pour plus de 1,87 million de Palestiniens déplacés par la guerre,  aucun soutien n’a été reçu. Pire encore, le camp de Muwasi n’est guère plus qu’un simple refuge de l’ONU tellement surpeuplé qu’il est dans l’incapacité d’accueillir de nouveaux arrivants.

Dans les autres refuges du sud, la propagation des maladies infectieuses et transmissibles  se généralise, ainsi que les cas de diarrhée, d’infections respiratoires aiguës, d’infections cutanées et de problèmes d’hygiène tels que les poux, selon les dernières indications de l’ONU.

De violents combats terrestres

«Les gens sont poussés encore plus au sud», comme mentionné par Thomas White, haut responsable de l’Unrwa chargé de Gaza.

Les responsables de l’Unrwa appellent à l’acheminement de l’aide humanitaire, sans succès.

Les affrontements semblent s’installer dans la durée, après plus de deux mois après le début de l’agression sioniste, les combats peuvent s’intensifient et les bombes continuent de pleuvoir sur Gaza. Pendant ce temps, l’armée israélienne et le Hamas se livrent à de violents combats dans le sud de l’enclave.

En effet, les chefs militaires israéliens ont appelé à « accentuer la pression » contre le Hamas. En menant des « raids aériens très violents » près de Khan Younès, et sur la route reliant cette ville et Rafah, près de la frontière avec l’Égypte. Une information confirmée par un journaliste de l’AFP sur place.

Les habitants de Guernica solidaires avec les Palestiniens

Les manifestations de soutien à la Résistance palestinienne se poursuivent à travers le monde, prenant des formes significatives. Effectivement et comme dit le proverbe, une image vaut parfois plus que mille mots, comme viennent l’attester les habitants de Guernica avec la confection d’une œuvre collective déployée dans la ville espagnole pour rendre hommage aux milliers de victimes palestiniennes.

En fin de semaine, la ville du Pays basque espagnol s’est transformée en mosaïque humaine géante aux couleurs du drapeau palestinien. Un symbole fort, 86 ans après les bombardements du régime nazi sur la ville de Guernica.

Le  parallèle entre le sort tragique de Guernica et celui de Gaza a été poussé à son paroxysme, lorsque les sirènes de la ville ont retenti, comme le 26 avril 1937, date à laquelle les armées allemande et italienne avaient lancé une vaste attaque aérienne sur cette ville du nord de l’Espagne.

Mais le drame continue à Gaza, s’éternise. Et  n’empêche pas la terre de tourner.

Au temps de l’image, au temps des réseaux sociaux et des télévisions partout, le drame continue et dépasse les mots. Il y a des consciences qui s’insurgent, qui dénoncent, qui manifestent, mais le problème continue de se poser au niveau des gouvernements, et cela fait penser indéniablement à l’impensable, à la « banalité du mal » qui s’installe.

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