« 2160 » de Hédi Jaballah : Le monde d’après …

 

Les livres de science-fiction sont rares dans la production éditoriale tunisienne, notamment la littérature en langue arabe. Hédi Jaballah a choisi d’utiliser des chiffres pour son nouveau roman « 2160 » qui envisagent ce qui se passera dans le monde, les prochaines années. Un roman ambitieux mais sans risque.

Après deux précédents romans : « Edarwass » et « Maoussem Erazaz », Hédi Ben Jaballah propose « 2160 », publié aux éditions Alyssa. Les chiffres représentent l’avenir d’un monde dominé par les machines. Le titre suscite l’intérêt du lecteur. La problématique de l’environnement et du changement climatique est au centre du roman et surtout ses dangers sur la population.

Dès les premières pages, l’auteur donne le ton de ce que seront les prochaines décennies. Les chiffres seront la langue de l’avenir et l’homme se rapprochera de plus en plus de la machine et sa vie sera programmée. On est en fait dans le monde de l’IA, autrement dit l’intelligence artificielle.

Le roman est une immersion dans cet univers. Le début est truffé de questions qui intriguent. Khaled, un septuagénaire, s’interroge sur la vérité et ce qu’elle peut représenter aujourd’hui. Des personnages évoluent au gré des pages dans une perspective où le désastre n’est pas loin.

L’homme après le cataclysme

Entre la narration classique et la science-fiction et le passé lointain et le présent ainsi que l’avenir, l’auteur réussit à réaliser un bel amalgame en utilisant une langue littéraire simple dans son expression et claire dans son sens sans trop de fioritures.

Sans ignorer le présent et ses complications, le roman consacre une grande partie sur la composition physiologique de l’être humain d’avant et de l’époque de 2160. Dans ces 120 pages, il nous est proposé le parcours de l’homme de l’avenir qui paiera le prix du désastre fait à la nature et l’environnement.

L’auteur entreprend une fusion entre la réalité et l’imaginaire et utilise le symbolisme pour dire l’incapacité de l’homme à trouver une nouvelle identité après le cataclysme. Son destin est désormais lié à la technique et à tout ce qui se rapporte au numérique jusqu’à la perte de ses sentiments et de ses sensations du plaisir de la vie ainsi que la perte de son identité et de ses valeurs humaines.

«2160 » propose donc une narration éclatée où sont racontées les spécificités d’une nouvelle vie dans laquelle la population habite dans des habitations régies par des boutons. Une mystérieuse épidémie survient brusquement qui détruit tout sur son chemin. La découverte d’un médicament pour éradiquer ce désastre et le retour à une vie normale restent difficile. La fin du roman se veut une sonnette d’alarme qui avertit le lecteur de la fin de l’humanité en rappelant les séries de disparition qu’a connues l’humanité à travers les siècles. L’auteur tente de secouer le lecteur du danger de la mécanisation à outrance et de la négligence et de la maltraitance de la nature et de l’environnement.

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