Au fait du jour | Infrastructure sportive, il y a des solutions

 

Kamel Deguiche le ministre de la Jeunesse et des Sports, a dernièrement déclaré que «le blocage au niveau de la réalisation de certains projets d’infrastructure sportive est dû  à la hausse des prix des matières premières, les difficultés financières des entreprises ainsi que la rareté des ressources humaines spécialisées dans les directions régionales d’aménagement».  Effectivement, les problèmes évoqués par le ministre sont réels. Mais, et il y a un mais, les véritables raisons résident au niveau de ceux qui conçoivent les cahiers des charges pour la réalisation de ces infrastructures sportives. Ces personnes, avec tout le respect que nous leur devons, ont-elles jamais convoqué les futurs utilisateurs de ces installations ?

Le monde a changé. Les idées et  les conceptions des routes, échangeurs, les tours qui grimpent, à des centaines de mètres, etc, ne sont plus conçus avec les  mêmes matériaux. Tout avance à des vitesses vertigineuses. On a découvert des matériaux plus légers, plus solides et qui reviennent moins cher.

Trois exemples pour illustrer ce qui précède : nos amis algériens sont venus nous voir  avant de lancer les études et conception de leur stade du 5 juillet pour nous poser une seule question ; qu’est-ce qui n’a pas marché après la construction de votre stade d’El Menzah ? Ce stade était un fleuron du Maghreb ! Regardez ce que la négligence et le manque d’entretien en ont fait. Pour les Jeux Olympiques de Los Angeles, on a décidé pour une question de proximité et pour ne pas éloigner la piscine dont on a besoin de concevoir un bassin olympique(!) tout proche du stade et de la salle couverte. Une fois les Jeux terminés, on a démonté cette piscine pour l’installer dans une ville qui en avait besoin. Dernier exemple : l’équipe nationale de natation avait besoin dans les années quatre-vingt ( !) d’effectuer un stage de préparation en Allemagne. La fédération allemande a mis à notre disposition le bassin où s’entraîne sa sélection nationale. Sur l’une des faces de ce magnifique centre qui jouit de toutes les commodités, il y avait une mine désaffectée. Nous avions posé la question au président de la fédération allemande venu nous rendre visite et il nous a répondu à propos du lieu choisi pour la construction de ce complexe nautique dans ces lieux. Il nous a appris que les concepteurs ont utilisé tout leur ferraillage laissé par cette mine désaffectée. Le bourgmestre de la ville (président de la municipalité) leur a déclassé le terrain jouxtant cette mine pour « utilité nationale » et c’est ainsi qu’ils ont gagné plus de la moitié du prix de revient de ce complexe nautique. Nous avions demandé s’il était possible de nous donner une copie des plans. Ils ont eu la gentillesse de nous les remettre. Nous les avions remis au ministère de la Jeunesse et des Sports de l’époque. Ils doivent gésir quelque part dans une cave ou ont été peut-être dévorés par les mites.

Deux conclusions : on ne construit plus, à part les stades de football sur ordre de la Fifa après la catastrophe qui a eu lieu en Corse, des infrastructures sportives en béton qui coûtent de plus en plus cher. Les matériaux utilisés sont plus légers, reviennent moins cher et sont plus pratiques. Avec le prix de revient d’une salle ou d’une piscine en béton, on peut concevoir le triple avec des matériaux tout à fait acceptables. C’est ce que l’on fait de par le monde. L’entretien est plus facile et la rentabilité est garantie. Maintenant, allez demander à un gouverneur   le déclassement d’un terrain pour construire une salle de sport  pour les besoins d’un lycée ou d’une équipe qui en a besoin. Nous connaissons tous, à l’avance, la réponse. Néanmoins et à ce propos, nous souhaitons prendre au mot le ministre des Terres domaniales qui a promis, dernièrement, d’activer et de favoriser la mise à la disposition de ces terres appartenant à l’Etat sous forme de cession ou de location pour des besoins nationaux prouvés. Tous les collèges, lycées et facultés du pays (ne parlons pas des clubs) ont besoin d’installations sportives qui permettront à la Tunisie de corriger ces 84 pour cent de Tunisiens qui ne font pas de sport d’après le département de tutelle. Monsieur le ministre, c’est l’occasion de faire des économies, d’équiper ces établissements et régions, et de mettre à la disposition de notre jeunesse des lieux actuellement en friche et qui ne servent à rien. A moindres frais ! Si, un jour, l’Etat ressent le besoin pour une raison ou une autre de récupérer ces terrains, rien ne l’empêchera de le faire.

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