Ramadan : Les préparatifs vont bon train

 

Côté approvisionnement, la ruée sur des produits de première nécessité est déjà lancée sur nos marchés. Sur la Toile et dans les réseaux sociaux, l’on s’invite, chaque année, à pareil débat sur la table de Ramadan.

Ramadan approche à grands pas. Dans quelques semaines, les Tunisiens accueilleront le mois saint, avec toutes ses tablées, ses festivités, ses soirées nocturnes… Et comme à l’accoutumée, on s’y prépare à l’avance, et tout doit être mis à l’œuvre à point nommé.

Traditions culinaires

Côté approvisionnement, la ruée sur les produits de première nécessité est déjà lancée sur nos marchés et l’échange sur les bonnes recettes auxquelles pensent, dès le premier jour de jeûne, les ménages tunisiens, commence, désormais, à s’instaurer. Sur la Toile et dans les réseaux sociaux, l’on s’invite, chaque année, à pareil débat sur la table de Ramadan. Ainsi, pour prévoir des plats spéciaux et des mets délicieux et copieux, le renouvellement et le relooking de tout ce qui servirait d’offre spécial Ramadan ne doit guère déroger à la règle: ustensiles de cuisine, couverts, sets de table, assortis de tout ce dont on aura besoin pendant le dîner d’iftar.

Tradition culinaire oblige, on ne rate pas cette occasion pour s’ingénier à se faire plaisir et rassasier son ego gourmand. L’on célèbre ce mois saint comme il se doit. D’autant plus qu’on en profite pleinement pour se réjouir de ses offres et promotions.

Il suffit, donc, de faire le tour des grandes surfaces, magasins, marchés et souks de Tunis et ailleurs pour voir comment les Tunisiens peinent à arrondir leurs fins de mois. Même si cela bute sur un pouvoir d’achat quasiment érodé. Comme tout autre endroit prisé, le souk d’El Halfaouine connaît, ces jours-ci, une grande affluence des clients. Tout s’étale à foison. Certains vendeurs exposent des ustensiles de cuisine en plastique à prix relativement raisonnable. D’où, il y en a plein à acheter, de quoi pourvoir au rituel de ce mois aussi exceptionnel. S’y préparer ainsi semble utile et judicieux, mais cela n’empêche pas des ménages de vouloir faire leurs courses suivant leurs choix.

Fatma, la quarantaine dépassée, s’est arrêtée devant l’un des étals pour examiner, minutieusement, un ensemble d’ustensiles de cuisson en bois à prix affichés «spécial Ramadan».

«Chaque année, j’ai l’habitude de changer tous mes ustensiles de cuisine et racheter des assiettes, des bols de porcelaine, carafe d’eau, et bien d’autres, sans pour autant manquer l’éventail d’offres fournies spécifiquement pour l’occasion. Je tombe souvent sur des promotions intéressantes que je guette sur les réseaux sociaux et les ventes en ligne, dans les magasins, les grandes surfaces ainsi que dans les souks», révèle-t-elle.

Panier de la ménagère

Et d’affirmer qu’elle a déjà fini par se ravitailler à satiété : «Je me suis approvisionnée en épices et denrées alimentaires et tout ce dont j’aurais besoin pendant ce mois saint…». Pour ce faire, elle nous a confié qu’elle a fait des économies tout au long des derniers mois, ce qui lui a permis d’épargner pour son budget Ramadan.

Mais qu’en est-il du panier de la ménagère face à un pouvoir d’achat de plus en plus détérioré ? Toujours est-il que nos dépenses dépassent de loin nos revenus. C’est que le consommateur lambda se trouve souvent en état de compte déficitaire, voire endetté des mois durant. De toute évidence, Ramadan est connu, comme, le mois où l’on consomme trop et sans modération. Et la rupture de jeûne demeure ainsi le bon moment où l’on se permet de tout manger. Et le bon appétit nous revient aussi goulûment dans la soirée. Avoir les yeux plus gros que le ventre alourdit le fardeau financier et gâche les gains de la journée.

Au marché Halfaouine, les habitants de ce quartier ne s’arrêtent jamais de chercher de quoi garnir leur menu du jour. Souvent avec plus de poulet que de viande, et peu de fruits parfois ajoutés à la liste des provisions stockées. Un des bouchers, longtemps basé dans ce marché, nous a fait remarquer que la baisse des revenus a fortement impacté le pouvoir d’achat de ses clients. Ils ont du mal à joindre les deux bouts. «Ces dernières années, on connaît une légère affluence juste au début et lors des derniers jours de Ramadan. Entre-temps, peu de consommateurs viennent à la boucherie. Les Tunisiens n’ont plus les moyens de s’approvisionner en viandes rouges», témoigne-t-il encore. Sinda, fonctionnaire, mère de deux enfants, nous a parlé de ses préparatifs pour le mois saint et de ses provisions qu’elle acquiert à l’avance. Elle a dit avoir beaucoup profité des prix bon marché des oranges et citrons pour en faire du jus frais, après chaque dîner d’iftar. « Afin de gérer toutes ces dépenses, j’essaye de m’approvisionner en aliments nécessaires pour la préparation des plats de Ramadan. En se débrouillant ainsi, je pourrais du moins y trouver mon compte», note Sinda.

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