Tunisie-France, les attentes des Tunisiens

Editorial La Presse

 

EN réponse à l’invitation de son homologue français, le chef du gouvernement, Ahmed Hachani, s’est rendu mercredi à Paris. Une visite qui s’impose vu les différents dossiers d’importance capitale qui sont dans l’attente de traitement entre les deux pays. Au-delà des relations historiques, la France demeure pour la Tunisie un partenaire stratégique et économique certes, mais ces derniers temps, le pays de Voltaire a vu son influence et sa pénétration dans l’Ouest africain et en Afrique du Nord accuser beaucoup de recul. Ainsi le rapprochement avec la Tunisie devient-il stratégique pour la France dans un contexte où elle est, somme toute, en froid avec les pays de la région. De toutes les façons, la volonté de la France de relancer son partenariat avec l’Afrique du Nord semble commencer par la Tunisie, et nous croyons savoir qu’au sein de l’ambassade de France en Tunisie il y aurait 15 nouveaux conseillers économiques pour booster la locomotive ! Ce nombre serait, semble-t-il, une première en Tunisie. A nous maintenant de saisir l’occasion pour rehausser le partenariat à un niveau supérieur et traiter d’égal à égal.
Une visite importante qui survient dans un contexte géopolitique tendu et sur fond de guerre à Gaza. Mais une visite aussi qui vient pour remettre à flot une relation marquée par une certaine distance ces dernières années. Et des dossiers brûlants, il y en a dans le pipeline diplomatique ! Entre autres, celui de l’immigration qui touche de très près les Tunisiens. Un dossier qui ne manquera pas de se tailler la part du lion au cours de cette rencontre d’autant plus que le ministre des Affaires étrangères fait partie de la délégation en visite à Paris. L’octroi des visas est une question qui continue à agiter toute une frange de Tunisiens qui se trouvent carrément bloqués devant plusieurs situations (études, affaires, déplacements professionnels, rapprochement familial…) après les mesures drastiques prises par l’Elysée à l’encontre de Tunis. Ainsi la délégation tunisienne aura cette lourde responsabilité de mettre fi n à ce frein et à faciliter les déplacements des Tunisiens vers l’Hexagone. La France a le droit de protéger ses frontières et son sol contre les attentats terroristes, mais elle est aussi invitée à procéder avec des solutions cartésiennes, sans pour autant pénaliser les Tunisiens de bonne volonté.

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