Point de vue | Des moyens et des idées !

Point de vue

 

Le récurrent sujet de la petite et faible population tunisienne qui pratique le sport revient à chaque fois avec la même frustration et aussi la même impuissance ministérielle. Quand le ministre des Sports reconnaît que la plupart des Tunisiens ne pratiquent pas le sport, c’est en tout cas un aveu d’échec. C’est le ministère des Sports qui est le premier responsable de la vulgarisation du sport et du suivi et de la coordination de la gestion logistique qui va de la construction à l’entretien et l’exploitation des sites sportifs pour le sport de compétition et le sport de masse et pour tous. Un nombre incalculable de ministres des Sports a défilé depuis des années, mais c’est toujours la même inefficience et le même constat : des textes lourds, une armada de chargés de mission, de fonctionnaires et de délégués de sport, otages de leurs bureaux et en rupture avec le monde du sport. Ce n’est pas seulement une question d’infrastructure et d’espaces sportifs qui manquent pour vulgariser la pratique du sport, mais c’est aussi une question de souplesse administrative et de créativité des dizaines des fonctionnaires du ministère des Sports dans toutes les régions qui ne font pas d’efforts pour gérer ce qu’il y a comme potentiel. Parce qu’un grand nombre de salles, de stades et d’espaces existants reste inexploité à plein emploi et à plein temps avec des salles qui opèrent peu le matin et le soir et qui sont dédiées uniquement aux associations sportives. Que dire alors des stades et des sites mal entretenus, sans oublier l’état catastrophique des maisons de jeunes qui, via leur infrastructure sportive même limitée, peuvent aider à offrir un accès à la population pour pratiquer le sport. Et le secteur privé qui peut, en pleine collaboration avec le ministère des Sports, participer à accroître le nombre des pratiquants du sport avec des tarifs étudiés dans le cadre du partenariat public-privé ? Et ces associations réparties ici et là qui gèrent la jeunesse et les sportifs, a-t-on pensé à les inclure dans un plan généralisé pour inciter les Tunisiens à pratiquer le sport ? Et pourquoi cette insistance à ne cibler que certains sports comme le jogging ou les sports collectifs ? Certains sports tels que le tennis de table, les sports de salles et de combat (qui ont une popularité accrue maintenant) et d’autres sports peu connus et qui ne nécessitent pas de gros moyens logistiques peuvent élever et améliorer, en peu de temps, la pratique du sport dans notre pays. Pour conclure, ce n’est pas seulement une question d’espaces (cela demanderait une orientation de l’Etat à investir dans l’infrastructure sportive), mais aussi de gestion de ce qui existe et d’un changement de méthode de travail pour ce ministère des Sports qui reste déconnecté de la réalité du sport. Il faudra dire aux Tunisiens que la pratique du sport est un remède exceptionnel gratuit pour prévenir des maladies, et que c’est un facteur d’intégration sociale et d’épanouissement. Est-on en train de le faire ? Non, on est en train juste de constater et d’user d’une langue de bois sans rien faire.

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