Kairouan – Aïd el fitr : Des traditions fortement ancrées

 

L’Aïd El Fitr est, pour les musulmans, la fête religieuse et sociale par excellence dont le rituel demeure inchangé, à Kairouan, comme partout ailleurs en Tunisie.

Synonyme de cadeaux, de jouets, d’étrennes et de nouveaux costumes, l’Aïd El Fitr est un événement heureux pour les enfants, les jeunes et les adultes qui se donnent à cœur joie à de multiples activités de divertissement après un mois d’une relative léthargie sur le plan des loisirs.

En outre, l’Aïd, qui nous rappelle les valeurs morales dans une époque dominée par le totalitarisme, est une opportunité pour goûter aux délices des différentes pâtisseries traditionnelles.

Cette fête qui consacre la fin de tout un mois de jeûne, émaillé de piété et assorti des nobles valeurs de solidarité, s’annonce surtout comme un événement heureux pour les petits en ce que l’Aïd leur permet de se parer de leurs plus beaux vêtements «dernier cri» même si le «cri» est souvent… de contrefaçon. Qu’importe ! Pourvu qu’on ait l’air du temps…

Déjà, la veille de l’Aïd, les gens ne dorment pas et les canons tonnent annonçant la fin du mois saint et l’avènement de la fête de l’Aïd, avec ses gâteaux et ses jouets.

Et beaucoup de mères de familles continuent encore à préparer les gâteaux de l’Aïd dont on ne peut se passer. Tradition oblige. Plusieurs jeunes ne manquent pas de porter sur la tête des plateaux bondés de pâtisseries traditionnelles vers les fours des différentes boulangeries.

Le matin de l’Aïd, dès les premières heures, vers 7h00, les fidèles affluent vers les différentes mosquées pour effectuer la prière de l’Aïd.

En quittant la mosquée, les gens empruntent un chemin différent de celui par lequel ils étaient venus.

Cette coutume est en fait une façon qui permet de rencontrer d’autres personnes que celles qu’ils auraient déjà croisées sur leur chemin ou devant leurs boutiques et maisons la première fois en allant à la mosquée. Ainsi, ils ont une autre opportunité de nouvelles retrouvailles pour présenter leurs meilleurs vœux.

Ensuite, beaucoup de citoyens se rendent aux cimetières pour se recueillir à la mémoire des morts, un moment privilégié pour se rappeler les parents et les proches et réciter la fatiha sur leurs âmes en implorant Dieu pour qu’il accueille ces êtres chers dans Son infinie Miséricorde.

Puis c’est le rite des visites familiales et du pardon. Et c’est aussi une occasion assez propice pour les enfants de remplir leur tirelire et dépenser de l’argent aux jeux qui n’en finissent pas toute la journée. Même les photographes en font une aubaine, car c’est une journée pleine de besogne pour eux.

Adieu donc aux ripailles et autres formes de boulimie qui ont, un mois durant, éreinté les bourses de tous les foyers. Mais l’Aïd apporte à son tour le lourd fardeau des achats de vêtements et de jouets. Et les parents font tout pour satisfaire leurs enfants.

Après l’ambiance ramadanesque, Kairouan retrouvera ses nuits calmes, silencieuses et dépourvues de toute animation culturelle avec des quartiers et des rues fréquentés, le soir, que par des gens désœuvrés et solitaires. Rares sont les familles qui sortiront pour aller décompresser, quelque part, dans un petit restaurant ou qui passeront le week-end dans une ville côtière.

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