Mobilité urbaine: Libérons la capitale

En ordonnant la réouverture de l’avenue Bourguiba à la circulation, en coïncidence avec la célébration de la fête de l’indépendance, le Chef de l’État a redonné un nouvel espoir à ceux qui veulent retrouver leur capitale.


Le Tunisien doit recouvrer tous ses droits dans cette belle cité. Pour ce faire, bien des choses sont appelées à retrouver leurs fonctions initiales. Fin de l’année écoulée, du bon travail a été accompli, avec la campagne contre les étals anarchiques qui ont envahi toutes les artères principales et les lieux publics les plus fréquentés. Jusqu’à l’heure, les résultats ne sont pas mauvais. Mais il faut tenir bon et ne pas baisser les bras malgré les nombreuses tentatives de certains individus qui exploitent le moindre relâchement de vigilance. Et, surtout, ne céder aucun pouce du terrain aux vendeurs illégaux.

Ce fléau qui s’est propagé de façon fulgurante au cours de la décennie en cours a lourdement défiguré le paysage et porté préjudice à l’esthétique urbaine et aux différentes activités légales aussi bien commerciales que culturelles ou de loisirs. On sait qu’à quelques dizaines de mètres on trouve des établissements scolaires, une salle de théâtre, des administrateurs, etc. Ce que tout le monde espère c’est que ces spectacles désolants que l’on a trop longtemps constatés disparaîtront à jamais et que la page cauchemardesque sera tournée à jamais. C’est, justement, ce que l’on souhaite aussi pour toutes les autres villes du pays qui souffrent encore de ce fléau.

Rétablir les stations de métro

Toutefois, cela ne devrait pas nous faire oublier d’autres aspects non moins importants. Le démantèlement des barrières qui fermaient le passage au niveau du ministère de l’Intérieur ordonné par le Chef de l’État a été perçu comme une libération de la capitale.  La fermeture de cette voie principale a été mal vécue par tous les riverains voire par tous les Tunisiens. L’acte, en lui-même, doit être considéré comme un symbole et comme le début d’une autre action plus étendue. Il y a, d’abord, les deux stations du métro supprimées : la première se trouve à l’avenue Habib Thameur au niveau du Centre culturel Mahmoud Messaâdi et la seconde, du côté de l’avenue de Paris, au niveau de l’Institut français. Ces deux stations ont été condamnées pour des raisons qui n’ont pas été expliquées aux usagers ni au grand public. En tout cas, aujourd’hui, il n’y a plus aucune raison de continuer à ignorer ces arrêts. Ils sont utiles pour ceux qui entrent ou sortent de la capitale, d’autant qu’ils ont un emplacement stratégique. La Transtu a toujours fait la sourde oreille à propos de ce sujet. Pourtant, les utilisateurs du métro sont nombreux à demander le rétablissement de ces deux stations. Cela fait plus de 6 ans que nous répétons cette demande. L’un des prétextes invoqués, à notre connaissance, c’est l’incendie de la station de la rue de Rome et le squat par les vendeurs anarchiques de la Station Habib-Thameur. Aujourd’hui, on ne voit plus aucun prétexte. Obligation, donc, pour la Transtu, de se plier à la volonté des usagers, sans plus attendre. Les autorités sont de plus en plus conscientes des besoins de la population.

Finissons-en avec ces barrières !

Par ailleurs, il faut signaler ce spectacle des barbelés et des blocs de béton autour de la représentation diplomatique de France. Elle est située au cœur de la ville et face à la cathédrale. Son périmètre est, lui aussi, assez gênant pour les passants, les visiteurs ou les touristes. Il est “fortifié” du côté de l’avenue principale et la Grande Place, du côté de la Rue Jamel Abdennasser (ex-rue de la Sadikia), du côté de la rue de Hollande et de la rue de Radhia Haddad (ex-rue de Yougoslavie). L’endroit gagnerait à être débarrassé de ces obstacles. Car, cela a trop duré. Ce n’est pas aux Tunisiens d’en subir les contrariétés. Ce monument peut être utilisé pour des activités qui ne nécessitent pas des mesures exceptionnelles de sécurité. Les autres activités peuvent être transférées dans la zone du Lac où les formalités d’obtention des visas ont été délocalisées dans le centre TLS et où se trouve, déjà, un autre siège de l’ambassade.     

Il y a aussi la voie qui passe devant l’ambassade des USA. Là aussi, la situation pose problème pour tous ceux qui empruntaient la route à proximité. Celle-ci étant fermée depuis longtemps, ils sont obligés de faire un long détour pour aller de ou vers la banlieue nord.  Certes, on comprend bien la nécessité du tout sécuritaire après l’assaut lancé contre cette ambassade en septembre  2012 et l’attaque de mars 2020. Malgré tout, d’autres mesures plus souples et plus adaptées au contexte actuel peuvent être prises. Notre confiance dans l’appareil sécuritaire n’est, nullement, à sous-estimer.

En effet, il nous semble que le moment est venu pour qu’une autre solution soit adoptée. Il est vrai, aussi, que le Tunisien aimerait bien se sentir chez lui et ne rencontrer aucun obstacle susceptible de limiter sa liberté de mouvement.

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