Ramadan : Une dernière semaine en apothéose

 

Cela s’est tout de même bien passé même sans les denrées rares. Finalement un ramadan sans sucre pourrait être une cure mais voici que ce dernier vient de signer son retour…

Ceux qui se sont réunis pour préparer ramadan 1445 pourraient être satisfaits. En effet, les choses ne se sont pas mal déroulées et même si des denrées se sont éclipsées ici ou là, il n’y avait pas péril en la demeure. Les principales étaient là.

Mais il faudrait reconnaître que… la pluie a voté pour nous, et comme elle est venue au bon moment, les prévisions de bien des «mal pensant» ont été tout simplement faussées, par la quantité déversée et la qualité qui a été très acceptable.

Commençons par celui qui a joué à cache-cache, ce sucre qui a manqué et qui n’est apparu que lors de la dernière semaine de ramadan.

L’usine de Béja s’est remise en route et on nous assure qu’elle est en mesure de garantir les cinquante pour cent des besoins des consommateurs. Il a fallu la visite du Président de la République pour que tout redevienne normal. L’outil de production a été remis en état et  une bonne partie du sucre que nous consommons est produit à domicile.

Le retour en grâce de la betterave sucrière

Il ne faudrait pas raconter d’histoires. Le seul moyen de mettre un terme à ces ruptures de stock et à ces angoisses, qui secouent le consommateur (et les autorités), est bien de mettre en place la réplique qui tient en deux actions qui dépendent l’une de l’autre : relever les capacités de production et… encourager la production de la betterave sucrière. Ce sont là les conditions nécessaires pour résoudre définitivement cette question de dépendance vis-à-vis des besoins du marché. L’Algérie s’est résolument engagée sur cette voie pour assurer son autosuffisance.

Un projet tout fait pour des sociétés citoyennes que pourraient créer les centaines de techniciens et d’ingénieurs agronomes au chômage.

Ne terminons pas ce volet sucre, sans la réflexion d’un retraité qui attendait son tour pour recevoir ses deux kilos dans une grande surface : «Lorsque l’on voit les quantités de gâteaux mises en vente à l’occasion de l’Aïd (à des prix incroyables) et celles saisies dans les garages servant pour la production illicite, on comprend où va le sucre».

Il y a du vrai dans cette réflexion, mais cela soulève l’éternel problème de la traçabilité de ce que l’on offre à la vente. Elle est pour ainsi dire presque totalement absente et une bonne partie du règlement de ce genre de problème est bien là. Depuis la libéralisation des transports, cette marchandise qui traverse tout le territoire, et qui atterrit là où on veut spéculer sur les quantités, les prix et les opportunités de mise sur le marché, cette opération doit cesser.

Comment ?

Malheureusement, il y a toujours des questions sans réponse. On a l’impression de vouloir les laisser sans réponse. Comment ceux chez qui on a saisi des dizaines de tonnes de diverses marchandises, ont-ils fait pour amasser cette énorme quantité de marchandise? Chez qui se sont-ils approvisionnés ? Comment se fait-il que ceux qui leur ont livré ces produits ne se sont pas posé de questions, alors qu’ils savent pertinemment qu’il y a une crise dans le pays et que la spéculation bat son plein ?

Les fins limiers, qui ont permis de démasquer ces affameurs, ont certainement suivi des traces et enquêté. C’est la raison pour laquelle, la traçabilité, qui est essentielle, doit être systématique. De l’usine au consommateur, tout doit être consigné et toutes les parties prenantes des opérations engagées et réalisées, responsabilisées. L’informatique est faite pour cela. Pour les produits sensibles (et pourquoi pas tous les produits ?), seules des factures établies à l’aide de moyens informatiques, enregistrées et légalement prouvées, devraient être acceptées. Il est pratiquement impossible de retrouver des traces, avec ces factures établies à la main, signées en gribouillis, manquant parfois de dates et autres précisions.

A gogo

Au niveau des prix, les légumes, à part les tomates et les piments, (qui ne sont pas des légumes mais des fruits), sont en hors saison, ils sont devenus des produits huppés, chers, mais quand même achetés en grognant. Les légumes, donc, ont pris de court toute tentative de spéculation. En effet, les quantités et la qualité ont poussé à plus de modération. On ne peut tout stocker, du fait que les récoltes de cette année sont sur le point de déverser de grandes quantités qui viendront tout remettre en question.

Pour les fruits de saison, les fraises, dont les délais de stockage sont relativement courts ont poussé, cette dernière semaine, les différentes parties prenantes à baisser les prix. Ils sont descendus sous les quatre dinars le kilo. Les pommes, qui se sont accrochées, ont été boudées, mais la nouvelle récolte est aux portes et comme les nèfles, les abricots, les amandes, les poires, etc. seront bientôt sur le marché, il faudrait dégager les chambres froides et les hangars de stockage. Pour revivre les mêmes problèmes?

Bonne fête !

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