Il n’y a pas de problème insoluble

Editorial La Presse

 

A travers les différentes visites inopinées du Chef de l’Etat, les Tunisiens ont vu en direct l’ampleur des dégâts causés aux entreprises publiques, aux infrastructures sportives, de santé et même aux mosquées historiques. Cette dépravation causée aux services collectifs n’a épargné aucun secteur et s’est répercutée directement sur le quotidien des citoyens. En plus de la spéculation à outrance et la mainmise de certains lobbies sur les circuits de distribution, la question de la dette extérieure taraude les esprits et inquiète les analystes et les experts économiques. Ces derniers posent les questions sans pour autant apporter les réponses. En effet, la vie politique devient un moment d’ennui, à force de commenter des problèmes insolubles.

Pourtant, ils n’expliquent pas comment notre pays a été capable de rembourser à échéance ses dettes. En février dernier, la Tunisie a déboursé en une seule journée 3000 millions de dinars et devra régler au courant de ce mois d’avril encore 1,5 milliard de dinars.

Mais il faut aussi reconnaître que la Tunisie présente un budget en déficit chronique depuis plus de dix ans. Le pays est donc depuis fort longtemps confronté à la dépense publique et donc à l’endettement.

Toutefois, il s’agit de dettes contractées par les anciens gouvernements mais qui engagent notre pays. La continuité de l’Etat nous oblige à honorer ces engagements bien qu’ils s’abattent sur les frêles épaules de l’Etat à un moment où les bailleurs de fonds font la fine bouche et posent des conditions draconiennes pour une rallonge budgétaire à notre pays. Mais le choix politique étant l’indépendance de la décision nationale, la Tunisie n’a pas courbé l’échine malgré les vents contraires.

Et comme une telle situation d’endettement à outrance ne peut perdurer, le compter-sur-soi est désormais le mot d’ordre. Cette attitude qui déplaît à plusieurs parties en Tunisie et à l’étranger a déjà porté ses fruits. Il n’empêche, nous sommes conscients d’être en pleine guerre de libération de toutes les formes d’aliénation : économique, financière, commerciale, politique et même culturelle. C’est pourquoi, il ne faut pas être en retrait des lignes de feu si on veut vraiment extirper notre pays des griffes qui lui font mal. Mais pour panser les blessures de la Tunisie, il faut persévérer, redoubler d’efforts, mobiliser les investissements qui apportent une valeur ajoutée, tout en veillant à préserver les couches sociales vulnérables et l’inclusion sociale. L’Etat a déjà repris en main son rôle social, les indicateurs s’améliorent de jour en jour, et à en juger par le rythme soutenu des réformes, des innovations, des mesures édictées lors de chaque Conseil ministériel, la Tunisie arrivera à bon port malgré toutes les contraintes auxquelles elle fait face. Car il n’y a pas de problème insoluble.

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