Amélioration de la résilience du pays face aux changements climatiques

 

La Tunisie a souffert, depuis plus de trois années successives, d’une sécheresse relativement longue avec des déficits de pluviométrie et une augmentation substantielle des températures. « La situation hydrique demeure assez inquiétante avec des taux de remplissage de barrages de l’ordre de 37% et une mauvaise distribution des pluies à travers le pays, notamment dans les régions qui en ont le plus besoin : le centre, et le sud du pays, explique Sami Khomsi, membre du Laboratoire Dessalement et valorisation des eaux naturelles au Technopole de Borj Cedria.),

Et d’ajouter : «Cela s’accompagne de la surexploitation de certaines nappes d’eau souterraines par les agriculteurs et un grand nombre de puits sauvages. La demande étant extrêmement forte pour les activités d’horticulture et maraîchères durant cette période préestivale».

Mieux adapter le pays aux besoins en eau

Evoquant le projet du nouveau Code des eaux, l’expert indique que cette démarche  est importante à plusieurs égards : mieux adapter le pays aux besoins en eau en légiférant des règles permettant une meilleure résilience du pays face aux gaspillages et à la mauvaise gestion/exploitation des eaux de surface et des eaux souterraines en combattant les abus des sondages sauvages non autorisés qui ont mis à mal nos ressources hydrogéologiques dans certaines régions. Le projet prévoit, entre autres, la mise en place d’une instance nationale supérieure des eaux qui aura pour mission d’évaluer, diriger, améliorer et gérer les grandes lignes des politiques des eaux en vue d’une meilleure résilience du pays dans l’utilisation de ses ressources hydriques. Ce nouveau code des eaux prévoit, entre autres, un resserrage des amendes et une panoplie de règles visant à combattre l’exploitation sauvage et non autorisée des nappes d’eau souterraines qui a mis à mal nos ressources hydrogéologiques avec des peines d’emprisonnement et des amendes conséquentes. 

Il donnera plus de facilité et de malléabilité aux instances régionales qui gouvernent l’eau en leur permettant d’agir plus promptement sur les sujets locaux et régionaux des ressources en eau et de diminuer la centralisation dans certaines décisions facilitant ainsi une meilleure adaptabilité de nos systèmes de gestion des ressources hydriques, notamment les ressources d’eaux souterraines.

D’un autre côté, l’expert précise qu’en Tunisie, nous avons un gaspillage des ressources notamment l’eau potable et il faut remédier à cela en rationalisant la distribution des eaux, car il faut dire que 30 % ou plus des eaux potables sont perdues sur le réseau Sonede entre autres sans parler des gaspillages quotidiens par les particuliers et les activités agricoles diverses. «Déjà au niveau des eaux potables, l’Etat vise une diminution de l’utilisation d’au moins 10 %, ce qui permettrait des économies importantes. Je pense aussi que les administrations publiques de tout genre : écoles, lycées, universités, collectivités locales, administrations publiques,… etc, doivent contribuer à ces efforts nationaux en optimisant les besoins et en limitant les pertes par fuites d’eau et hyper-gaspillage. De ce point de vue, le chiffre de limitation des gaspillages pourrait être augmenté rapidement».

Selon l’expert, le nouveau code des eaux constitue une bonne approche qui matérialise le degré de conscience accrue par la société des problèmes des ressources en eau. Ce texte matérialise aussi l’importance que revêtent les ressources en eau et leur utilisation par nos responsables. N’importe quel code nécessite aussi une période d’application/évaluation à court et long termes dès son application : une approche dynamique des textes et des améliorations issues du côté pratique paraîtront au fur et à mesure de son application et nécessiteront toujours des rectifications après coup.  Il y aura aussi les débats parlementaires qui apporteront également des améliorations. La Tunisie a besoin d’un nouveau code des eaux qui permettrait une amélioration de la résilience du pays face aux changements climatiques et pénuries d’eau car il s’agit bien de préparer la Tunisie à faire face au stress hydrique et à l’utilisation parcimonieuse de ses ressources.

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