Aujourd’hui à Kairouan : Premier festival des roses

 

Les principales zones productrices sont dans les délégations de Kairouan-Nord (El Gatrania et Dhraa Tammar), de Kairouan-Sud (Khazazia et Aouled Nhar) et de Chebika (Sidi Abdallah). Pour précision, la culture du rosier, qui est pratiquée par 110 agriculteurs en intercalaire, est peu exigeante en eau et en intrants.

Le premier festival des roses commence, aujourd’hui, à Kairouan pour se poursuivre jusqu’à demain, à l’initiative de l’Union nationale de la femme tunisienne dans la région. Cette première édition, placée sous le thème «Kairouan aux senteurs de la rose», se tient avec la collaboration et le soutien du Crda, des commissariats régionaux à la culture, du tourisme, de l’Apia, et du Pampat (projet d’accès aux marchés des produits agro-alimentaires et de terroir).

600 hectares nouvellement plantés

C’est que la culture des rosiers dans le Kairouanais ne date pas d’hier. Ce sont les Romains qui auraient été les premiers à introduire cet arbrisseau aux fleurs odoriférantes dans notre pays. Plus de 200 hectares répartis entre petits exploitants, outre 600 hectares nouvellement plantés par un seul promoteur sont réservés à cette culture qui constitue une source de revenus non négligeable pour un bon nombre de familles dans la région.

Et les principales zones productrices sont dans les délégations de Kairouan-Nord (El Gatrania et Dhraa Tammar), de Kairouan-Sud (Khazazia et Aouled Nhar) et de Chebika (Sidi Abdallah). Pour précision, la culture du rosier qui est pratiquée par 110 agriculteurs en intercalaire est peu exigeante en eau et en intrants. Et ce sont surtout les femmes qui assurent l’opération de collecte qui dure de 30 à 40 jours, du début du mois d’avril jusqu’à la première semaine du mois de mai.

Selon Hédi H., rosiériste à Dhraa Tammar, la production de cette année est inférieure à celle des années écoulées. C’est ce qui explique le prix élevé du kilogramme de roses qui a dépassé les 30 D. Une grande partie de la production régionale est destinée à la transformation dans les usines de Nabeul et de Sfax. Alors que l’autre partie est achetée par les familles kairouanaises, ainsi que le propriétaire d’une distillerie moderne récemment créée à Kairouan, sachant que la rose de Kairouan appartient à l’espèce Rosa Damascuna ou la rose de Damas, connue pour ses vertus thérapeutiques apaisantes et anti-inflammatoires. Et c’est l’espèce la plus courtisée au monde pour la production de l’huile destinée à la parfumerie.

Des rosiéristes à l’ombre des remparts

Et c’est du côté de la Porte de Tunis, que les rosiéristes s’installent à l’ombre des remparts pour vendre leurs productions dans des sacs ou dans de grands couffins alignés sur des bâches installées à même le sol. Les familles kairouanaises s’approvisionnent de fleurs de bigaradier, en géranium et en roses pour extraire des essences servant à des fins domestiques multiples, à savoir des arômes pour les gâteaux, le café turc, le parfum de linge et d’argile pour le bain-maure et les différentes thérapies traditionnelles. Ainsi, les rosiéristes font de bonnes affaires, car ils écoulent facilement leur production grâce aux nombreux clients de la région et à ceux venus d’autres villes tunisiennes dont surtout les professionnels en parfumerie.

Il va sans dire que cette ambiance bon enfant crée une dynamique socioéconomique mais les citoyens trouvent que l’espace de ce marché est très modeste et insalubre puisqu’il est installé dans un endroit où stationnent les véhicules et les motos. C’est pourquoi il serait souhaitable d’aménager un souk des fleurs ailleurs et qui soit plus propre et moins pollué !

Le rosier, patrimoine vivant !

Dans une note conceptuelle, les organisateurs du festival des roses précisent que l’objectif primordial est de faire découvrir Kairouan comme l’une des principales zones de production de rose de Damas en Tunisie et de promouvoir davantage les roses de Kairouan réputées pour leur parfum envoûtant et plébiscitées par les parfumiers. L’accent sera mis aussi sur les potentialités touristiques offertes autour de ce produit phare. La valorisation des produits de terroir vise à augmenter l’attractivité de la cité aghlabide comme destination incontournable pour le tourisme alternatif.

Quant au programme de cet événement, il comporte, notamment durant la première journée, une animation culturelle, à la place des Arts, une exposition-vente au complexe culturel Assad Ibn El Fourat, une conférence scientifique autour du thème «le rosier : un patrimoine vivant», la plantation de rosiers dans un terrain qui sera baptisé «Place des roses» et ce, au sein de la Maison de la culture.

La deuxième journée sera consacrée à la visite d’une parcelle de rosiers à Dhraâ Tammar, d’un échange d’expériences entre rosiéristes et petit déjeuner dans un champ de rosiers, la visite guidée du marché des roses à Kairouan, un concours gastronomique à l’espace Nakcha, puis clôture du festival avec la remise de prix et de médailles aux participants.

Rappelons, enfin, qu’en 2023, l’équipe du projet PamPat a organisé des journées promotionnelles des différents produits du terroir à Kairouan qui ont abouti à créer une dynamique intéressante.

A la suite de cette initiative, est venue l’idée de la conception d’un festival annuel ayant comme objectifs la promotion de produits de terroir «Rosier bio de Kairouan», la promotion de la région de Kairouan en tant que destination touristique à travers une offre touristique autour des produits de terroir notamment le rosier de Kairouan, l’intégration des activités culturelles autour des produits de terroir de la région.

La rose se fane vite…

Malgré son odeur enivrante et sa beauté incomparable, la rose a une durée de vie plutôt courte. C’est pourquoi on les cueille très tôt le matin et on les place dans des endroits frais. Et comme disait Françoise Hardy :

«On est bien peu de choses Et mon amie la rose Me l’a dit ce matin

A l’aurore je suis née

Baptisée de rosée…»

«Je me suis épanouie

Heureuse et amoureuse

Aux rayons du soleil

Me suis fermée la nuit

Me suis réveillée vieille

Pourtant j’étais très belle

Des fleurs de ton jardin»

Françoise Hardy

Laisser un commentaire