Au fait du jour | Il n’y a pas que l’argent

 

Lorsque les discussions s’échauffent et que des responsables de clubs ou de fédérations veulent, à tout prix, expliquer les raisons essentielles des échecs qui s’accumulent, on aborde immanquablement les questions financières.

En vérité et pour ne pas donner l’impression que l’on rame à contre- courant, cette question d’argent, de ressources fixes suffisantes pour répondre aux mille et un problèmes qui se posent, est vraie. En fait, c’est ainsi qu’est fait le monde. Sans ces moyens financiers, rien n’est plus possible. Le sport c’est certes un moyen d’éducation pour la jeunesse, une discipline de vie, mais ce n’est plus une succession d’exercices et de passion apaisée par un petit match pour terminer la séance.

C’est, en fin de compte, devenu une lutte quotidienne pour surmonter la fatigue du travail, un moyen de s’aguerrir et de mieux résister aux maladies, à la pollution, à se faire une place de choix dans la société. On admire le champion, on élève sur un piédestal le meilleur, on prend en exemple celui qui a appris à souffrir pour devenir ce combattant  qui a fait le vide autour de lui, qui a démenti le poids des années, une activité où même les handicaps physiques ne sont plus un obstacle. Ce que font, ce que réalisent ces athlètes en compétitions paralympiques est extraordinaire.

Le sport n’a plus d’âge. Pour les jeunes c’est les compétitions de coupe ou de championnat, pour les moins jeunes c’est le sport pour tous, pour les adultes  ce sont les masters, pour les plages on a créé des compétitions, pour ceux qui ne peuvent plus jouer sur un terrain grandeur nature on a créé les champs de jeu réduits.

Autrement dit, la vie n’est plus que mouvement. Des mouvements utiles, aux moyens desquels on essaie d’éloigner le sujet, des tentations qui guettent ceux qui sont désœuvrés et qui deviennent, faute de faire le bon choix, des proies faciles pour les drogues, la boisson, le vol ou autres calamités

Toutes ces activités exigent des moyens financiers énormes. Rien ne se fait sans ces ressources qui deviennent de plus en plus incontournables. Mais il n’y a pas que l’argent. Il faut aussi des hommes et des femmes qui portent des idées, qui savent attirer ceux qui sont assez convaincus pour appuyer ces activités ludiques certes, mais dont le monde moderne ne saurait se passer.

Ces hommes et femmes sont devenus rares. Ils sont si rares qu’on ne peut plus en trouver. Et c’est ce qui a malheureusement ouvert des boulevards aux opportunistes de tout bord. A voir ceux qui s’agitent comme des marionnettes pour montrer qu’ils sont attachés plus que d’autres à un club. A plaindre ceux qui s’éreintent et parcourent des kilomètres entre le banc et le bord du terrain pour interpeller un arbitre ou un arbitre assisatnt pour se donner en spectacle et montrer qu’ils défendent les intérêts de leurs clubs.

Ces «Don Quichottes» des temps modernes ne réussiront jamais à devenir des dirigeants. Certains sont en train de brasser un argent fou, mais cela ne les empêche pas de faire œuvre utile. Pire, alors  qu’ils sont venus en sauveurs, faute de candidats convaincus, ils ne réussissent qu’à enfoncer le couteau dans la plaie ou à embourber davantage le club dans des affaires sans fin. Cela confirme qu’il n’y a pas que l’argent et même si ces moyens existent, il faudrait se méfier des raisons qui poussent ces aventuriers à braver la foule et à oser tromper tout ce monde.

Ces agissements dénaturent le sport. Le seul moyen de sauver ce milieu est bien de poser intelligemment les balises protectrices, au moyen d’une réglementation rigoureuse mais assez réaliste pour éviter d’effaroucher ceux qui seraient tentés de servir et de se rendre utiles. L’argent est donc important, mais sans honnêteté morale et intellectuelle, sans plan d’action, sans rigueur et sans un minimum de volontarisme, il n’y a pas de réussite. Notre sport demeurera à la merci des générations spontanées. Pas plus.

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