Souk Es Sakajine : La légende de la tombe du Souk Es Sakajine

 

Qui de nous, en flânant dans le souk Es Sakajine Bab Mnara (faubourg de Bab Jdid), n’a pas été intrigué par la présence d’une tombe située au milieu de l’allée piétonne pavée de dalles grises ? Personne ne connaîtrait en fait l’histoire exacte de la personne qui a été enterrée à cet endroit. D’aucuns, à l’instar de Charles Lallemand, évoquent la présence d’un marabout qui a été enterré à cet endroit il y a plusieurs siècles de cela. D’autres supposent qu’il s’agirait plutôt de la tombe d’un soldat tombé en martyr au cours de l’une des deux grandes guerres mondiales. Le mystère reste entier autour de cette tombe peinte dans les mêmes tons dominants du souk, à savoir le rouge, vert et blanc. Il n’existe pas seulement des histoires mais également des légendes autour de la présence de cette tombe à cet endroit.

L’une d’elles, qui daterait du XVIes, période à laquelle la Tunisie a accueilli un grand nombre de migrants morisques originaires de Grenade, raconte qu’une belle jeune femme tunisoise se rendant au hammam fut harcelée par deux soldats espagnols. Bien qu’elle se soit défendue avec courage, arrivant à tuer l’un d’eux, elle succomba sous les coups du second fantassin. Animés par le sentiment de vengeance, les sept frères de l’infortunée jeune femme tuèrent le soldat assassin. S’ensuivit alors une lutte sanglante avec la garnison espagnole stationnée à La Kasbah, décidée à en découdre et à laver l’affront subi par l’un de ses soldats. Ils poursuivirent les assaillants dans les dédales des souks qui résonnèrent bruyamment des cliquetis de leurs armes.

Bien qu’ils soient arrivés à tenir en échec la garnison espagnole, les frères finirent par tomber en martyrs après un combat farouche. Seul survivant de cette échauffourée, le septième frère poursuivit la lutte jusqu’à ce qu’il tomba raide mort à l’endroit même où a été érigée la tombe, car c’est là qu’il aurait été enterré après avoir perdu la vie. En 2013, cette tombe a été profanée par des inconnus avant d’être restaurée par la suite.

L’âme du défunt qui y repose depuis des lustres continue à veiller sur le souk Es Sakajine.

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