«L’Association de l’environnement de Tazarka vient de lancer une alerte qui correspond au troisième niveau (l’avant-dernier), selon le lexique environnemental international», nous déclare M.Anis Kacem, président de ladite association. «Aujourd’hui, la situation de la lagune de Tazarka s’est tellement dégradée qu’elle serait propre à constituer un danger réel pour la santé des habitants et une menace à la biodiversité et aux écosystèmes.
Tant et si bien que notre lagune est une réserve naturelle classée Ramsar, à l’échelle mondiale», ajoute notre interlocuteur.

Ouf ! Que ça sent mauvais !
M.Anis Kacem nous explique aussi que la lagune de Tazarka, située à proximité et devant la zone industrielle de Tazarka et abritant une nouvelle station d’épuration, s’est trouvée du coup, exposée à deux problèmes gravissimes :
– D’abord, le rejet anarchique et non contrôlé : certaines usines, pourtant identifiées à maintes reprises par les services ad hoc, n’ont pas prévu au préalable l’installation de leurs propres stations de traitement de leurs eaux usées et polluées. Il s’agit notamment des abattoirs de volailles, des usines de textile et de transformation manufacturière. Cela étant, les eaux usées, déversées à flots dans la lagune, ne correspondent nullement aux normes les plus élémentaires, exigées pour être absorbées par l’Onas. Imaginez bien la gravité du problème dès lors qu’on ose déverser dans la lagune des flux d’eaux infectées par des déchets de volailles et de sang !

La plage en danger : le pourquoi.
– Ensuite, autre problème non moins épineux, évoqué par notre interlocuteur. Il s’agit en l’occurrence du grand débit d’eau rejetée par la station d’épuration dans la lagune de Tazarka. Sachant que cette eau provient des eaux usées de pas moins de trois villes, à savoir Tazarka, Maâmoura et Somaâ.
Résultat inévitable, la lagune déborde la mer. Et voilà qu’une vraie catastrophe écologique pointe à l’horizon ! Affectant l’une des plus belles plages du pays, là où se dresse un splendide complexe touristique. Et au président de l’Association locale de protection de l’environnement d’ajouter, indigné et martelant: «Avec une telle offense fait à une si belle nature, nous sommes en train de couper stupidement la branche sur laquelle nous sommes assis».

Larbi DAROUICHE

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