Un accord de partenariat et de coopération a été signé, ce mercredi 7 août, entre l’Instance nationale de lutte contre la corruption (Inlucc) et la municipalité de La Marsa, par le président de l’instance, Chawki Tabib, et le président du conseil municipal de La Marsa, Slim Meherzi, visant notamment à consacrer les principes de la bonne gouvernance, de l’intégrité et de la transparence en matière de gestion des collectivités locales.

C’est la municipalité de La Marsa qui a pris l’initiative et demander à signer cet accord qui vise à ancrer des bases solides pour la lutte contre la corruption et la bonne gouvernance, a fait savoir le doyen Chawki Tabib à cette occasion, ajoutant que 50 municipalités ont déjà signé des accords de partenariat avec l’Inlucc. Une équipe commune de travail sera mise en place à cet effet en vue de renforcer les capacités humaines, évaluer les contraintes et aboutir à la fin à un programme de travail susceptible d’appliquer les réformes nécessaires, de mieux lutter contre la corruption et de travailler dans des conditions  optimales de transparence.

Le président de l’Inlucc a formulé le souhait de faire de la mairie de La Marsa, cette coquette ville qui appartient à tous les Tunisiens, un îlot d’intégrité dans le cadre du programme  lancé en collaboration avec le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et pourquoi pas obtenir une certification ISO 37001 relative aux systèmes de management anticorruption.

Chawki Tabib a souligné la difficulté d’appliquer la loi pour les conseils municipaux notamment sur fond de non-publication de plusieurs décrets après l’adoption du Code des collectivités locales. Il a cité comme exemple le grand nombre d’affaires transmises à la justice par son instance (environ 600)  et qui sont demeurées sans suite à ce jour, ce qui le pousse à croire qu’on a dans le pays  une justice à double vitesse,  selon ses dires. Mais il  faut du temps, de la patience, de la solidarité et de la persévérance pour gagner la noble bataille de la lutte contre la corruption, a-t-il martelé.

De son côté, le maire de la ville de La Marsa, Slim Meherzi est allé, sans tergiversation aucune, droit au but: « Quand nous avons accédé au conseil municipal, notre intention était de bien faire les choses, de servir le citoyen et d’appliquer strictement et indistinctement  la loi mais nous avons dû faire face aux atermoiements et refus de l’Etat  d’appliquer ce principe». La police municipale est pointée du doigt à cet effet et plusieurs décisions de démolition ou de fermeture sont prises par le conseil municipal mais  n’ont jamais  été exécutées par cette police sous le sempiternel prétexte de manque de renforts.

«En décembre 2018, le conseil municipal prend sa décision à l’encontre d’un citoyen mais ni le gouverneur, ni le ministre  n’ont été du côté de l’application de la loi. Une autre décision a été prise à l’encontre d’un hôtel à La Marsa mais le conseil municipal bute toujours sur le problème du non-respect et de la non-application de ses décisions pour les mêmes raisons évoquées. A force d’être négatif, on finit par ne plus avancer», regrette-t-il.

Soucieux de révéler les défis et contraintes auxquels la mairie fait face et qui grippent l’action municipale en faveur des citoyens, Slim Meherzi  a critiqué d’une manière frontale l’exécutif qui tente de marginaliser les collectivités locales à travers le refus  de céder un pouvoir central  qui a longtemps fait sa force. Mais le président de l’Inlucc est là pour le rassurer. «On est là et on sera toujours de votre côté pour vous soutenir et vous accompagner dans la lutte contre la corruption et mettre en place les mécanismes nécessaires à la bonne gouvernance», conclut-il à la fin de la cérémonie.

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