Le public était divisé, ceux qui le connaissait et le suivait savait très bien à quoi s’attendre, ceux qui aimait  son coté provoc’ et insolent, n’ont pas retrouvé celui qui réagissait avec le public et qui le taquinait même.


Qu’attendons nous d’un artiste de la trempe de Zied Rahabani, qu’attendons nous d’un artiste qui ne s’est jamais inscrit dans le show biz, qui tout au long de son parcours a tenu a en être éloigné ?

D’ailleurs c’est qui Zied Rahabani ? Est-il le fils de … ?

Est-il l’artiste par qui le hors norme arrive ?

Est-il un musicien compositeur et auteur qui ne pense pas à une carrière, ne la réfléchit pas, ne la planifie pas ?

Est-il tout simplement un agitateur, un provocateur, quelqu’un qui, par la musique, l’art donne un coup de pied dans la fourmilière, qui, à chaque occasion qui se présente, nous secoue pour nous déloger de notre zone de confort  et perturbe nos attentes ?

C’est ce que son passage par le festival international de Hammamet a provoqué…Le public était divisé, ceux qui le connaissait et le suivait savait très bien à quoi s’attendre, ceux qui aimait  son coté provoc’ et insolent, n’ont pas retrouvé celui qui réagissait avec le public et qui le taquinait même.

Zied Rahabani est arrivé là où nous l’attendions pas, stoïque, froid, imperturbable, comme s’il avait dressé un mur entre lui et les autres, et nous avons découvert le personnage, au delà de l’œuvre, et des chansons que nous connaissions tous par cœur…et le choc fut dur pour certains…

Zied Rahabani n’a fait aucune concession à son programme, un programme finement écrit, basé essentiellement sur des compositions jazz, avec quelques unes de ses chansons qu’interprétait par l’égyptien Hazem Chahine. Le public, même les mécontents étaient attentifs. On ne raterait pour rien au monde le seul et l’unique passage de Zied Rahabani chez nous. Ils ont beau lui lancé des titres, lui réclamer une chanson …rien à faire, le Rahabani ne cède pas, il ne rentrera pas dans le moule de ceux à qui on réclame une chanson, il ne étalera pas de beaux sentiments et des remerciements, il ne chantera pas à la demande, il ne demandera pas au public de chanter avec lui et c’est à prendre ou à laisser et le public de Hammamet a pris même à contre cœur, mais il a pris comme même.

Mais au-delà de cette carapace et de ce visage antipathique qu’il a montré à Hammamet, Zied Rahabani est  un grand, son travail axé sur le jazz a contribué a démocratiser cette musique dans le monde arabe, c’est celui qui a donné à la diva Fayrouz une seconde vie après les frères Rahabani et surtout un nouveau écrin, qu’il nous appris ce qu’est la satire, le jeu de mot dans la chanson contemporaine, il vient de la lignée des agitateurs comme Sayed Darwiche et Cheikh Imam…et rien que pour cela, le public de Hammamet était chanceux. Car déplacer Zied Rahabani de chez lui, n’est pas une mince affaire, le programmer déjà était un défi hasardeux  à cause du caractère lunatique de l’artiste, et pour cela le festival international de Hammamet mérite un sacré coup de chapeau.

Les deux concerts de Zied Rahabani resteront dans les anales, un moment historique qui ne risque pas de se reproduire. Donc, disons aux sceptiques et ceux qui font la fine bouches, des artistes comme lui ne sont pas juke-box qui chantent à la demande, des super stars qui comptent leurs « flowers » sur les réseaux, Zied Rahabani est un être spécial, un être à part pour qui la musique est une identité, une raison de vivre et en dehors de la musique rien n’existe.

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Charger plus par Asma DRISSI
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